Facture d'électricité en Belgique : pourquoi elle reste élevée malgré la baisse des prix
Depuis le pic de l’automne 2022, le prix de détail de l’électricité en Belgique est retombé d’environ 0,45–0,60 €/kWh à une fourchette de 0,28–0,35 €/kWh (Selectra, mise à jour mai 2026). En 2025, l’électricité et le gaz ont même touché « leur niveau le plus bas depuis quatre ans » (Mega, avril 2026). Et au 1er août 2026, l’accise sur l’électricité baisse à son tour : de 50,33 à 46 €/MWh, avec une trajectoire décroissante jusqu’en 2029 (RTBF, juin 2026).
Trois bonnes nouvelles. Et pourtant, la facture ne bouge presque pas.
Ce n’est ni une illusion ni une anomalie : c’est de l’arithmétique. Le prix de l’énergie ne pèse qu’environ 40 % de votre facture d’électricité — la CREG l’écrit noir sur blanc (CREG, avril 2026). Les 60 % restants sont des coûts de réseau régulés, des taxes, des accises et de la TVA, et ils obéissent à des logiques qui n’ont rien à voir avec le marché de l’énergie. Certains, en 2026, montent précisément quand le prix de l’énergie descend.
Cet article décortique les quatre blocs de votre facture en euros, pas seulement en pourcentages : ce que chacun paie, qui le fixe, comment il évolue en 2026 dans les trois régions, et lesquels vous pouvez encore influencer. Nous terminerons par la question que se posent beaucoup de lecteurs de ce blog : sur lesquels de ces blocs le partage d’énergie agit-il réellement ?
Votre facture n’est pas une facture d’énergie : quatre blocs, dont un seul est un prix
La CREG distingue quatre composantes dans le prix payé par un consommateur : l’énergie, les coûts de réseau, les taxes et redevances, et la TVA (CREG). Une seule est un prix de marché, librement fixé et négociable. Les trois autres sont des montants régulés ou décidés par le législateur, identiques quel que soit votre fournisseur.
Voici ce que cela donne pour un ménage résidentiel type consommant 3 500 kWh par an, à partir des parts publiées dans le tableau de bord mensuel de la CREG pour juin 2026 (moyenne belge, profil mono-horaire, prix all-in de 36,94 c€/kWh). La colonne en euros est un calcul : la CREG publie les parts et le prix au kWh, pas ce montant annuel.
| Bloc | Part | ≈ €/an pour 3 500 kWh | Qui le fixe | Avez-vous une prise ? |
|---|---|---|---|---|
| Énergie | 38,5 % | ≈ 498 € | votre fournisseur, en concurrence | Oui — comparer, changer, partager |
| Coûts de réseau (transport + distribution) | 29,7 % | ≈ 384 € | le gestionnaire de réseau, tarifs approuvés par le régulateur régional | Indirectement — formule tarifaire et pointes |
| Taxes, accises et surcharges | 26,1 % | ≈ 337 € | le fédéral et les régions | Sur le volume seulement, pas sur les taux |
| TVA (6 %) | 5,7 % | ≈ 74 € | le fédéral | Non — elle suit tout le reste |
| Total | 100 % | ≈ 1 293 € |
Ces ordres de grandeur se recoupent avec ce qu’observent les comparateurs : une facture annuelle « typiquement entre 1 000 € et 1 800 € » selon la région et le fournisseur (I am Beezy, mai 2026), et une facture moyenne de l’ordre de 1 200 € pour 3 500 kWh (Test-Achats, février 2026).
Trois conséquences immédiates, et elles expliquent l’essentiel du malaise :
- Une baisse de l’énergie s’amortit d’un facteur deux et demi. Si le prix de la commodité recule de 20 %, votre facture ne recule que d’environ 8 %. Sur 1 293 €, cela fait une centaine d’euros — visible, mais loin de la sensation annoncée par les titres de presse.
- La TVA amplifie les hausses des autres blocs. À 6 %, elle s’applique par-dessus l’énergie, le réseau et la plupart des surcharges. Toute augmentation du tarif de réseau se voit donc majorée de 6 % au passage. Deux exceptions notables : la redevance de raccordement wallonne et la cotisation au fonds énergie flamand en sont exemptées (CREG).
- Le poids du réseau change fortement selon l’endroit. En Wallonie, il grimpe à 32,7 % de la facture, contre 24,6 % à Bruxelles (CREG, juin 2026, détaillé dans notre guide « Prix de l’électricité en communauté d’énergie »). Un même geste ne produit donc pas le même effet d’une région à l’autre.
Les coûts de réseau montent quand vos kWh baissent
C’est le mécanisme le plus contre-intuitif de la facture belge, et le plus structurel. Un gestionnaire de réseau ne vend pas de l’électricité : il exploite une infrastructure dont les coûts sont largement fixes, et le régulateur lui reconnaît un revenu autorisé pour la période tarifaire. Ce revenu est ensuite réparti sur les kWh effectivement prélevés.
Quand la consommation facturée diminue — parce que les ménages s’équipent en photovoltaïque, isolent, ou consomment mieux — le même revenu se répartit sur moins de kWh. Le tarif unitaire monte. Ajoutez-y le renforcement du réseau rendu nécessaire par « les nouveaux modes de consommation énergétique (photovoltaïque, pompe à chaleur, etc.) » (Renouvelle, janvier 2025), le déploiement des compteurs communicants et la hausse des coûts de transport payés à Elia, et vous obtenez une trajectoire haussière que la baisse du prix de l’énergie ne compense pas.
Voici l’état des lieux 2026, région par région.
| Wallonie (ORES, RESA, AIEG, AIESH) | Bruxelles (Sibelga) | Flandre (Fluvius) | |
|---|---|---|---|
| Évolution 2026 des tarifs de distribution | +4 à 8 % pour un bihoraire moyen | ≈ +6 % | ≈ −4 % |
| Effet annuel estimé | ≈ 305 à 387 € de coûts de distribution | ≈ +25 € | ≈ −20 €, pour ≈ 463 € au total |
| Terme lié à la puissance | terme de base à 0 €/kW pour les 12,7 premiers kW de raccordement | 47,24 €/an (≤ 13 kVA), 94,48 €/an (> 13 kVA) — +14 % | terme capacitaire sur la pointe mensuelle moyenne, plancher à 2,5 kW |
| Nouveauté 2026 | nouvelles plages bihoraires + tarif Impact optionnel | — | — |
Sources : Engie (février 2026) pour les évolutions par région ; Inforgazelec (janvier 2026) pour les tarifs bruxellois — 5,72 c€/kWh en heures pleines et 3,43 c€/kWh en heures creuses, transport Elia à 2,144 c€/kWh ; Vlaamse Nutsregulator pour les 463 €/an flamands (3 500 kWh, pointe mensuelle moyenne de 4,26 kW, TVA comprise) ; les tarifs wallons 2026-2029 ont été approuvés par la CWaPE le 26 juin 2025.
Retenez surtout la troisième colonne. En Flandre, les tarifs de distribution d’électricité baissent en 2026. L’idée que les coûts de réseau montent partout et toujours est fausse : ils suivent des périodes tarifaires régionales, des programmes d’investissement et des volumes distincts. Ce qui est vrai, c’est qu’ils ne se négocient nulle part — changer de fournisseur n’y change strictement rien, puisque ces montants sont fixés par le régulateur et simplement répercutés sur votre facture.
Et pour situer la tendance longue : à Bruxelles, la distribution d’électricité était annoncée en hausse de 11,6 % en 2025, puis 5,1 % en 2026 et 4,3 % en 2027, avec un tarif de transport en progression de 60 % (Renouvelle, janvier 2025). Ce sont des marches successives, pas un pic isolé.
Le terme capacitaire : le poste qui ne dépend plus de vos kWh
Une évolution silencieuse mérite d’être isolée, parce qu’elle change la nature même de la facture : une part croissante des coûts de réseau ne se calcule plus sur le volume consommé, mais sur la puissance appelée.
La Flandre est allée le plus loin. Son terme capacitaire se base sur la pointe la plus élevée d’un quart d’heure au cours du mois, et tout le monde paie au minimum une contribution correspondant à une pointe de 2,5 kW, même si sa pointe réelle est inférieure (Fluvius). Bruxelles facture un terme lié à la puissance de raccordement — 47,24 € par an jusqu’à 13 kVA, le double au-delà — en hausse de 14 % en 2026. La Wallonie, elle, laisse pour l’instant les 12,7 premiers kW de puissance de raccordement à 0 €/kW dans la grille 2026-2029, ce qui neutralise le poste pour la grande majorité des raccordements résidentiels.
La conséquence pratique est un renversement de la logique d’économie. Consommer moins garde tout son sens sur le bloc énergie et sur les accises, qui sont proportionnelles aux kWh. Mais sur le terme capacitaire, ce qui compte est de consommer plus plat : ne pas lancer simultanément la voiture électrique, le lave-linge, le four et la pompe à chaleur. La sobriété énergétique classique et l’effacement des pointes sont deux leviers différents, et ils n’agissent pas sur les mêmes lignes de la facture.
Un cas particulier pour les prosommateurs : en Flandre, les détenteurs d’un compteur qui tourne à l’envers se voient appliquer un terme capacitaire complémentaire mensualisé. Là encore, le poste ne se négocie pas — il se pilote.
En Wallonie, 2026 rebat les heures creuses
C’est le seul endroit de la facture où un ménage wallon peut agir en 2026 avec un effet chiffrable, et il est passé largement inaperçu.
D’abord, les plages du bihoraire changent. Elles deviennent identiques tous les jours, week-end compris : heures creuses de 1h à 7h et de 11h à 17h, heures pleines de 7h à 11h et de 22h à 1h. Résultat, « 62,5 % des heures de la semaine seront des heures creuses », contre 55 % auparavant (Test-Achats, novembre 2025). Le créneau de milieu de journée — celui où le photovoltaïque belge produit le plus — passe en heures creuses.
Ensuite, un nouveau tarif Impact optionnel, réservé aux compteurs communicants dont la communication est activée. Il introduit trois bandes horaires, et l’écart entre elles est considérable. Voici les termes proportionnels de la grille ORES 2026 :
| Bande | Plage horaire | Terme proportionnel |
|---|---|---|
| ECO | 1h – 7h et 11h – 17h | 2,71 c€/kWh |
| MEDIUM | 7h – 11h et 22h – 1h | 8,13 c€/kWh ≈ ×3 |
| PIC | 17h – 22h | 13,54 c€/kWh ≈ ×5 |
Un rapport de 1 à 5 entre le kWh de nuit et le kWh de fin de journée : c’est un signal-prix d’une ampleur que la facture belge n’avait jamais portée. Pour un chauffe-eau électrique de 1 800 kWh par an, Test-Achats chiffre l’écart, tous coûts compris (énergie, taxes, TVA 6 %) : 603 € en mono-horaire, 520 € en bihoraire creux, 479 € en heures ECO. Soit environ 120 € par an sur un seul appareil, simplement en déplaçant son fonctionnement.
Trois précautions avant de basculer :
- Rien ne change automatiquement. Votre formule actuelle continue de s’appliquer en 2026 si vous ne faites rien, et le passage au tarif Impact est réversible.
- Le gain suppose de la flexibilité réelle. Un ménage dont la consommation se concentre entre 17h et 22h — le créneau PIC — paierait davantage. Le tarif Impact récompense le déplacement, il ne récompense pas la bonne volonté.
- Un compteur communicant est indispensable, avec la communication activée.
C’est aussi le sens de la réforme tarifaire portée par la CWaPE depuis sa méthodologie 2025-2029 : rendre visible dans le tarif ce que coûte réellement une pointe de consommation.
Taxes et accises : la baisse est réelle, et elle est minuscule
Le troisième bloc — environ un quart de la facture — est le plus opaque, et 2026 y apporte le changement le plus médiatisé de l’année.
Aujourd’hui, l’accise sur l’électricité s’élève à 50,33 €/MWh, ce qui représente environ 166 € par an pour un ménage de 3 500 kWh, sur une facture moyenne de 1 200 € (Test-Achats, février 2026). La loi-programme votée à la Chambre le 29 mai 2026 organise un transfert d’accises de l’électricité vers les combustibles fossiles : au 1er août 2026, l’accise sur l’électricité passe à 46 €/MWh et poursuit sa décroissance jusqu’en 2029, tandis que celles sur le gaz et le mazout augmentent (RTBF, juin 2026). La même réforme supprime la cotisation sur l’énergie (Inforgazelec, juin 2026).
Une précision d’honnêteté : les trajectoires publiées ne concordent pas d’une source à l’autre pour les montants année par année, selon qu’elles portent sur l’accise totale ou sur le seul droit d’accise spécial une fois la cotisation sur l’énergie absorbée. Nous ne reprenons donc ici que le palier d’août 2026 et le sens de la pente. Pour un montant opposable, référez-vous aux tarifs publiés par le SPF Finances.
Ce qui est solide, en revanche, c’est l’ordre de grandeur pour un ménage : environ 40 € d’économie par an à l’horizon 2029, et jusqu’à 110 € pour un ménage équipé d’une pompe à chaleur et d’un véhicule électrique — mais 40 à 80 € de plus par an sur le gaz dès 2026 (Engie, février 2026). L’économiste Philippe Defeyt résume la chose sans détour : des sommes « riquiqui, qui se perdront dans les autres variations » (RTBF, juin 2026). Comparez avec les 25 € de hausse du réseau bruxellois ou les 4 à 8 % wallons, et le compte est vite fait.
Deux lignes fantômes, enfin, qu’il faut savoir reconnaître :
- La cotisation fédérale n’existe plus. Supprimée au 31 décembre 2021 et absorbée dans le droit d’accise spécial (CREG). Elle continue de figurer dans de nombreux modèles de facture et simulateurs en circulation.
- La cotisation sur l’énergie disparaît en août 2026. Si elle apparaît encore sur une facture postérieure, posez la question.
Le reste du bloc dépend de votre région : redevance de raccordement en Wallonie, cotisation au fonds énergie en Flandre, surcharge pour missions de service public à Bruxelles, auxquelles s’ajoutent partout le financement des certificats verts et de la cogénération et les obligations de service public du gestionnaire de réseau (CREG). Aucun de ces montants ne se négocie.
La marge du fournisseur : le seul bloc négociable, et le moins transparent
Reste le bloc énergie — celui où votre argent finance à la fois l’achat de la commodité, les coûts de structure de votre fournisseur et sa marge.
Disons-le d’emblée : il n’existe pas de chiffre public de marge par fournisseur. La CREG demande chaque mois à tous les fournisseurs actifs de lui communiquer le coût fixe, les coefficients, la marge et les paramètres d’indexation de leurs formules, mais elle publie des moyennes de marché, pas la marge de chaque acteur. Personne ne peut donc lire sur sa facture combien son fournisseur gagne — et méfiez-vous de tout article qui prétend le contraire.
Ce qui est observable, en revanche, suffit largement à agir :
- L’écart entre offres. Pour un ménage type de 3 500 kWh, l’écart entre l’offre la moins chère et la plus chère « peut dépasser 200 € par an », avec des factures annuelles allant d’environ 1 000 € à 1 350 € selon le fournisseur (I am Beezy, mai 2026). C’est le seul levier de la facture qui produise un effet immédiat, sans travaux ni changement d’habitude.
- La prime de risque des contrats fixes. En avril 2026, la composante énergie des contrats fixes a bondi de 16,40 % en un seul mois, et l’écart de prime de risque entre produits fixes et variables atteignait jusqu’à 50 % pour l’électricité (CREG, avril 2026). Un contrat fixe achète de la prévisibilité, et cette prévisibilité a un prix explicite.
D’où trois formules, et trois répartitions du risque. Le fixe vous protège de la volatilité et vous fait payer cette protection. Le variable indexe le prix sur des paramètres de marché : moins cher en moyenne, plus exposé. La tarification dynamique, adossée aux prix horaires du marché, va au bout de la logique — elle peut être très avantageuse pour qui déplace réellement ses consommations, et coûteuse pour les autres. Elle se combine naturellement avec les nouvelles plages horaires wallonnes : les mêmes heures sont creuses côté réseau et souvent bon marché côté marché.
La conclusion est un peu ingrate, mais elle est robuste : comparer les offres une fois par an rapporte davantage que la plupart des gestes d’économie, parce que c’est le seul endroit où votre décision porte sur un prix réellement négociable.
Ce que le partage d’énergie change — et ce qu’il ne change pas
Nous arrivons à la question qui intéresse les lecteurs de ce blog. Si l’énergie ne pèse que 40 % de la facture, que peut réellement un partage d’énergie ?
Le partage agit sur le bloc énergie — celui-là même sur lequel les fournisseurs se concurrencent — et sur lui presque seul. La CWaPE ne laisse aucune marge d’interprétation : « l’électricité transitant par le réseau, tous les frais de réseau (transport et distribution), ainsi que les taxes et surcharges y relatives, sont dus sur l’électricité partagée », et « il n’existe pas de réduction tarifaire pour le partage au sein d’une communauté d’énergie » (CWaPE). Les électrons partagés empruntent le réseau public : le partage change qui vous vend l’énergie, pas par où elle passe.
L’exception tient à la proximité, pas au statut. Depuis le 1er janvier 2025, une réduction de 80 % sur les termes proportionnels du tarif de réseau s’applique au partage réalisé au sein d’un même bâtiment — une configuration qui n’exige aucune personne morale, seulement une convention notifiée au gestionnaire de réseau (CWaPE). Les partages entre bâtiments différents, en pair-à-pair ou en communauté, en sont explicitement exclus (Renouvelle). Bruxelles est plus généreuse et gradue l’avantage selon la proximité des participants ; la Flandre n’accorde aucune réduction. Autrement dit : une copropriété avec une toiture solaire est dans la meilleure position de Belgique — c’est de l’autoconsommation collective à l’échelle de l’immeuble, et le tarif de réseau y répond.
Et un poste que presque aucune simulation n’anticipe : votre fournisseur peut facturer des frais liés à votre participation au partage. Rien ne l’interdit, et les montants relevés vont jusqu’à environ 150 € par an et par point de fourniture. Sur de petits volumes partagés, ces frais annulent le gain — Test-Achats en avait fait la raison de ne plus recommander le partage en Wallonie et en Flandre (évaluation datée de mai 2024, à revérifier avant toute décision).
Ce que le partage achète réellement, alors ? Un prix plus bas et surtout plus stable sur une partie du bloc énergie, sans changer de fournisseur ni installer de panneaux. Les mécanismes d’économie, chiffres à l’appui, sont détaillés dans « Comment une communauté d’énergie réduit votre facture d’électricité » ; la manière de fixer le prix interne, dans « Prix de l’électricité en communauté d’énergie » ; et le choix entre autoconsommation individuelle, collective et communauté d’énergie, dans « Autoconsommation d’énergie en Belgique ». Si vous en êtes au stade des volumes plutôt que des euros, notre article de référence « Clé de répartition en Belgique : Wallonie, Bruxelles, Flandre » explique comment se décide la part de production qui vous revient.
Ce qu’il faut retenir
Votre facture n’a pas baissé parce que seul un tiers à deux cinquièmes de son montant relève d’un prix de marché. Le reste est régulé, voté ou calculé — et, en 2026, une partie de ce reste augmente plus vite que l’énergie ne baisse.
Dans l’ordre d’efficacité décroissante, voici ce sur quoi vous avez prise :
- Comparez votre offre de fourniture. Plus de 200 € par an d’écart entre la meilleure et la pire offre, effet immédiat, aucun investissement.
- Vérifiez votre formule tarifaire de réseau et vos pointes. En Wallonie, les nouvelles plages bihoraires et le tarif Impact peuvent valoir une centaine d’euros par an sur un seul gros poste déplaçable. En Flandre, aplatir la pointe mensuelle agit directement sur le terme capacitaire.
- Déplacez avant de réduire, puis réduisez aussi. Le volume joue sur l’énergie et les accises ; la forme de la courbe joue sur le réseau.
- Envisagez le partage d’énergie — en attendant un effet sur le bloc énergie, et sur le réseau uniquement si votre partage se fait au sein d’un même bâtiment. Et en intégrant d’emblée les frais éventuels de votre fournisseur dans la simulation.
Ce qu’il ne faut pas attendre : que la baisse des prix de gros, ou celle des accises, se lise clairement sur votre décompte annuel. Elle y est — diluée dans un ensemble dont elle ne représente qu’une fraction.
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FAQ
Pourquoi ma facture d’électricité ne baisse-t-elle pas alors que les prix de l’énergie ont baissé ?
Parce que le prix de l’énergie ne représente qu’environ 40 % de votre facture. La CREG le chiffre explicitement : « la composante énergie représente environ 40 % de la facture totale d’électricité ». Les 60 % restants sont des coûts de réseau régulés, des taxes, des accises et la TVA. Une baisse de 20 % sur l’énergie ne retire donc que 8 % environ à la facture — et si les tarifs de réseau montent de 6 à 8 % la même année, comme en 2026 en Wallonie et à Bruxelles, le gain est absorbé.
Quelle part de ma facture d’électricité représente l’énergie en Belgique ?
Environ 38 à 40 % pour un ménage résidentiel type. D’après le tableau de bord de la CREG de juin 2026 (profil 3 500 kWh/an, mono-horaire), la répartition moyenne belge est de 38,5 % pour l’énergie, 29,7 % pour les coûts de réseau, 26,1 % pour les taxes, accises et surcharges, et 5,7 % pour la TVA, sur un prix all-in de 36,94 c€/kWh. La part du réseau varie fortement selon la région : 32,7 % en Wallonie contre 24,6 % à Bruxelles.
Les coûts de réseau augmentent-ils en 2026 en Belgique ?
Dans deux régions sur trois. En Wallonie, la hausse des coûts de distribution est estimée entre 4 et 8 % pour un consommateur bihoraire moyen, soit environ 305 à 387 € par an. À Bruxelles, environ 6 %, soit 25 € de plus par an, avec un terme capacitaire Sibelga qui bondit de 14 %. En Flandre, à l’inverse, les tarifs de distribution d’électricité baissent d’environ 4 %, soit une vingtaine d’euros de moins par an. Les coûts de réseau ne sont donc pas un cliquet à sens unique.
Les accises sur l’électricité baissent-elles en 2026 ?
Oui. La loi-programme votée à la Chambre le 29 mai 2026 fait passer l’accise sur l’électricité de 50,33 €/MWh à 46 €/MWh au 1er août 2026, avec une trajectoire décroissante jusqu’en 2029, et supprime la cotisation sur l’énergie. Mais l’ordre de grandeur est modeste : environ 40 € par an d’économie pour un ménage standard à l’horizon 2029, jusqu’à 110 € avec pompe à chaleur et véhicule électrique. En parallèle, les accises sur le gaz et le mazout augmentent.
Comment savoir si je paie trop cher mon électricité ?
Comparez votre offre. C’est le seul bloc de la facture qui soit réellement concurrentiel, et l’écart entre l’offre la moins chère et la plus chère dépasse 200 € par an pour un ménage type de 3 500 kWh. Vérifiez ensuite votre formule tarifaire de réseau — mono-horaire, bihoraire ou tarification incitative — et le moment de vos consommations, car en Wallonie les nouvelles plages horaires de 2026 et le tarif Impact changent la donne pour les gros postes déplaçables.
Le partage d’énergie réduit-il les coûts de réseau et les taxes ?
En règle générale, non. La CWaPE est explicite : tous les frais de réseau, ainsi que les taxes et surcharges qui s’y rapportent, restent dus sur l’électricité partagée, et « il n’existe pas de réduction tarifaire pour le partage au sein d’une communauté d’énergie ». Le partage agit sur le bloc énergie, celui-là même sur lequel les fournisseurs se concurrencent. L’exception tient à la proximité, pas au statut : en Wallonie, une réduction de 80 % sur les termes proportionnels du tarif de réseau s’applique au partage au sein d’un même bâtiment ; à Bruxelles, le régime est gradué selon la proximité des participants.
Sources
- CREG — Comment est composé le prix de l’énergie — les quatre composantes officielles de la facture, la liste des redevances par région et le champ d’application de la TVA à 6 %.
- CREG — Prix de l’énergie pour les ménages, constatations avril 2026 — la composante énergie représente environ 40 % de la facture ; +16,40 % sur les contrats fixes en un mois ; prime de risque fixe-variable jusqu’à 50 %.
- CREG — Tableau de bord mensuel — parts par composante et prix all-in par région (édition de juin 2026 utilisée ici).
- CREG — Cotisation fédérale — suppression au 31 décembre 2021 et absorption dans le droit d’accise spécial.
- CWaPE — Tarifs périodiques de distribution d’électricité 2026-2029 (ORES, RESA, AIEG, AIESH) — approbation du 26 juin 2025, nouvelles plages du bihoraire et entrée en vigueur du tarif Impact.
- CWaPE — Faut-il payer les frais de réseau en cas de partage d’énergie ? — frais de réseau, taxes et surcharges dus sur l’électricité partagée ; réduction de 80 % limitée au même bâtiment ; aucune réduction en communauté d’énergie.
- CWaPE — Partage au sein d’un même bâtiment ou en communauté ? — périmètre, forme juridique, traitement tarifaire et procédure pour chaque configuration.
- Test-Achats — Tarification incitative de l’électricité en Wallonie — +8 % de tarifs de distribution en 2026, nouvelles plages bihoraires, bandes ECO/MEDIUM/PIC et cas chiffré du chauffe-eau (novembre 2025).
- Test-Achats — Les conséquences de la réforme des accises — accise de 50,33 €/MWh, soit 166 € par an pour 3 500 kWh, sur une facture moyenne de 1 200 € (février 2026).
- RTBF — Combien la réforme des accises sur l’énergie va-t-elle vous coûter ? — vote à la Chambre du 29 mai 2026, entrée en vigueur au 1er août 2026, passage à 46 €/MWh et trajectoire jusqu’en 2029 (juin 2026).
- Inforgazelec — Réforme du droit d’accise spécial et suppression de la cotisation sur l’énergie — suppression de la cotisation sur l’énergie en août 2026 et trajectoire alternative du droit d’accise spécial (juin 2026).
- Inforgazelec — Tarifs de réseau à Bruxelles en 2026 — Sibelga à 5,72 et 3,43 c€/kWh, terme capacitaire à 47,24 € (+14 %), transport Elia à 2,144 c€/kWh (janvier 2026).
- Engie — Énergie 2026 : ce qui change pour votre budget — évolutions 2026 par région (+4 à 8 % en Wallonie, +6 % à Bruxelles, −4 % en Flandre) et effet des accises par profil de ménage (février 2026).
- Renouvelle — Hausse des tarifs de distribution et de transport — trajectoires 2025-2027 par région et motifs des hausses (janvier 2025).
- Renouvelle — La CWaPE donne un coup de pouce au partage au sein du même bâtiment — méthodologie tarifaire 2025-2029 et exclusion explicite du pair-à-pair et des communautés entre bâtiments.
- Vlaamse Nutsregulator — Montant des tarifs de distribution — 463 €/an de coûts de distribution en 2026 pour 3 500 kWh et une pointe mensuelle moyenne de 4,26 kW.
- Fluvius — Terme capacitaire — calcul sur la pointe la plus élevée d’un quart d’heure du mois et plancher de 2,5 kW.
- I am Beezy — Prix de l’électricité en Belgique 2026 : comparatif de 5 fournisseurs — écart entre offres dépassant 200 €/an et fourchette de factures annuelles par fournisseur (mai 2026).
- Selectra — Évolution des prix de l’énergie en Belgique — niveaux de prix de détail avant 2021, au pic de 2022 et sur la période 2024-2026 (mise à jour mai 2026).
- Mega — Prix de l’électricité : leçons 2025 et perspectives 2026 — niveau le plus bas depuis quatre ans en 2025 et incertitudes pour 2026 (avril 2026).
- SPF Finances — Douanes et accises — tarifs d’accise applicables, pour vérification des montants année par année.