Lire sa facture d'électricité ligne par ligne
Comptez les documents que votre fournisseur d’électricité vous envoie sur une année : onze acomptes et un décompte, ou trois acomptes et un décompte, selon votre contrat. Tous portent le mot « facture ». Un seul vous dit ce que vous devez réellement. Les autres sont des avances calculées sur une estimation.
C’est la première chose à savoir pour lire une facture belge, et elle explique une bonne partie des mauvaises surprises de fin d’année. La deuxième, c’est que depuis le 1er janvier 2022, votre facture n’est plus un document libre : un arrêté royal impose à tous les fournisseurs actifs en Belgique cinq sections nommées, sur deux pages. Que vous soyez chez Engie, Luminus, Mega, TotalEnergies ou un fournisseur coopératif, le squelette est le même. Apprendre à le lire une fois suffit pour toute la vie.
Cet article ne réexplique pas pourquoi votre facture est élevée — nous l’avons fait en euros dans « Facture d’électricité : pourquoi elle reste élevée » — ni comment la réduire, chiffré dans « Réduire sa facture d’électricité : Wallonie 2026 ». Il explique comment lire le document : quelles lignes vérifier, dans quel ordre, ce que chacune paie, qui l’encaisse vraiment, et à qui s’adresser quand un montant vous paraît faux.
Quatre documents portent le nom de « facture » — un seul solde le compte
Avant de lire une ligne, identifiez le document que vous tenez. C’est l’erreur numéro un : s’alarmer d’un acompte, ou classer un décompte annuel sans le vérifier.
| Document | Sur quoi il repose | Ce qu’il prouve |
|---|---|---|
| Facture d’acompte | une estimation de votre consommation annuelle, généralement celle de l’année précédente | rien sur votre consommation réelle — c’est une avance |
| Décompte annuel (facture de régularisation) | les index relevés au compteur sur la période | votre consommation réelle ; solde à payer ou à rembourser |
| Facture de clôture | le relevé d’index final lors d’un déménagement ou d’un changement de fournisseur | la fin du compte à une date précise |
| Décompte mensuel (compteur communicant) | vos consommations réelles du mois | le remplacement pur et simple des acomptes |
L’acompte est « envoyée chaque mois (ou tous les 2 ou 3 mois, selon le contrat) », calculée sur « l’estimation de la consommation annuelle, basée sur la consommation de l’année précédente », tandis que la régularisation « repose sur les index du compteur d’électricité » et permet « au fournisseur de calculer notre consommation réelle » (Ecoconso). La facture de clôture, elle, « reprend les mêmes éléments que la facture de régularisation » mais s’appuie sur l’index final.
Le quatrième document est le plus récent et le plus mal connu : avec un compteur communicant, plusieurs fournisseurs proposent un décompte mensuel où « vous ne payez plus d’acomptes, mais seulement ce que vous avez consommé » (Test-Achats). L’avantage n’est pas financier — vous payez la même chose au total — mais il supprime l’écart entre estimation et réalité, donc la régularisation surprise de fin d’année.
Conséquence pratique. Si vous ne devez lire qu’un seul document par an en détail, lisez le décompte annuel. C’est le seul qui contienne des index réels, donc le seul contestable sur le fond.
Les cinq sections imposées par la loi depuis 2022
Voici le point que presque aucun guide ne mentionne, et qui rend la lecture beaucoup plus simple : la structure de votre facture est fixée par la loi.
L’arrêté royal du 9 décembre 2021 « fixant les autres exigences minimales auxquelles doivent répondre les factures et les informations relatives à la facturation de gaz et d’électricité », publié au Moniteur belge le 20 décembre 2021 et en vigueur depuis le 1er janvier 2022, transpose l’article 18 et l’annexe I de la directive européenne 2019/944 sur le marché intérieur de l’électricité (SPF Économie). Il abroge l’arrêté royal du 3 avril 2003 qui régissait jusque-là les factures de fourniture.
Son article 14 impose, pour les clients résidentiels, cinq sections nommées :
| Section | Intitulé légal | Ce que vous y vérifiez |
|---|---|---|
| A | « informations essentielles relatives au contrat » | nom du produit, type de tarif (fixe, variable ou dynamique), date de fin de contrat, code EAN, période facturée |
| B | « combien, quand et comment dois-je payer » | le montant, l’échéance, la communication structurée, et le détail du calcul |
| C | « j’ai une question à poser » | les coordonnées du fournisseur et du service de médiation compétent |
| D | « comparer contrat et changer » | le renvoi vers un outil de comparaison indépendant |
| E | « gérer la consommation d’énergie » | l’historique de consommation et le mix énergétique du produit |
L’objectif affiché était de tenir sur deux pages : « les informations sont simplifiées et présentées sur deux pages seulement » (UVCW). Le détail du calcul, lui, est renvoyé en annexe — c’est le document que la plupart des gens ne regardent jamais, et c’est précisément celui qui contient les lignes.
Deux réflexes en découlent. D’abord, la section A contient la date de fin de votre contrat : c’est l’information la plus rentable de toute la facture, puisqu’elle vous dit quand comparer. Ensuite, si une facture ne comporte pas ces sections, elle n’est pas conforme — la mention est opposable.
L’en-tête : quatre lignes à vérifier avant même de regarder le montant
Le bloc d’identification en tête de facture paraît administratif. Il est en réalité l’endroit où se logent la plupart des erreurs coûteuses.
Le code EAN. C’est « un numéro unique pour notre point de fourniture, qui ne change jamais, même si le compteur est remplacé » (Ecoconso). Dix-huit chiffres, commençant par 54 en Belgique. Point important : il identifie un endroit, pas un compteur ni un contrat. Vous changez de fournisseur, l’EAN reste. On remplace votre compteur, l’EAN reste. C’est lui qu’on vous demandera pour un déménagement, une réclamation, ou pour inscrire votre point dans une opération de partage d’énergie. Dans un immeuble, vérifiez-le chiffre à chiffre : deux appartements voisins ont des EAN qui ne diffèrent que par les dernières décimales, et une inversion se paie pendant des années.
La période de facturation. Comparez-la à la période réellement écoulée. C’est là que se niche la mauvaise surprise sur la redevance fixe, sur laquelle nous revenons plus bas.
Les index de début et de fin. Le calcul de votre consommation est une soustraction : index de fin moins index de début. Si vous ne devez faire qu’une seule vérification arithmétique sur votre facture, faites celle-là, et comparez l’index de fin à ce que vous lisez sur votre compteur aujourd’hui.
Le caractère réel ou estimé. L’arrêté royal impose de préciser si la consommation facturée est relevée ou estimée. Un index estimé n’est pas une anomalie — c’est le régime normal des acomptes, le gestionnaire de réseau ne relevant les index réels qu’une fois par an. Mais il fabrique une hausse fantôme : si l’estimation était basse, le décompte suivant rattrape l’écart d’un coup, et vous avez l’impression d’une flambée alors que votre consommation n’a pas bougé. L’écart est régularisé annuellement, « soit restant à payer (si notre consommation a dépassé l’estimation), soit à nous rembourser » (Ecoconso).
Le réflexe utile : si votre décompte annuel repose lui aussi sur une estimation — cela arrive quand le relevé n’a pas pu être fait — ne le laissez pas passer. Transmettez un relevé réel plutôt que d’attendre douze mois supplémentaires pour que la vérité se rétablisse.
Ligne par ligne : qui fixe le montant, qui l’encaisse
Voici le malentendu le plus répandu sur la facture belge. Vous payez tout à votre fournisseur — mais votre fournisseur ne garde qu’une partie de ce que vous payez.
ORES le formule sans ambiguïté : « C’est le fournisseur d’énergie qui émet et vous envoie votre facture d’énergie. C’est auprès de lui que vous devez la régler. Celui-ci s’occupe ensuite de la répartir vers tous les intervenants » (ORES). Autrement dit, votre fournisseur est un collecteur pour le gestionnaire de réseau de distribution, pour le gestionnaire de réseau de transport et pour l’État. Changer de fournisseur ne modifie donc qu’une fraction des lignes.
| Ligne sur la facture | Qui fixe le montant | Qui le reçoit in fine | Négociable ? |
|---|---|---|---|
| Redevance fixe / terme fixe | votre fournisseur | votre fournisseur | Oui |
| Consommation en kWh (prix unitaire) | votre fournisseur, en concurrence | votre fournisseur | Oui |
| Terme proportionnel de distribution | le GRD, tarifs approuvés par le régulateur régional | ORES, RESA, Sibelga, Fluvius… | Non — mais la formule tarifaire se choisit |
| Terme fixe ou capacitaire de réseau | idem | le GRD | Non |
| Transport | tarifs Elia approuvés par la CREG | Elia | Non |
| Tarif prosumer (Wallonie) | la CWaPE | le GRD | Non |
| Certificats verts et cogénération | la région | le GRD, puis les producteurs | Non |
| Obligations de service public | la région | le GRD | Non |
| Redevance de raccordement (W) / fonds énergie (F) / surcharge OSP (Bxl) | la région | la région | Non |
| Accises | le fédéral | le SPF Finances | Non |
| TVA 6 % | le fédéral | le SPF Finances | Non |
Deux subtilités que la lecture ligne à ligne révèle et que les moyennes masquent.
La TVA ne frappe pas tout. Elle s’applique à 6 % sur l’essentiel, mais la CREG signale trois exemptions : la redevance de raccordement wallonne, la cotisation au fonds énergie flamand et la surcharge client protégé pour le gaz en Wallonie (CREG). Si vous recalculez votre facture et que le total de TVA ne tombe pas juste, c’est souvent là.
Les pourcentages diffèrent d’une source à l’autre, et ce n’est pas une contradiction. ORES illustre une facture d’électricité de 1 200 € par 44 % d’énergie (528 €), 8 % de transport (90 €), 28 % de distribution (339 €) et 20 % de taxes et TVA (243 €). Le tableau de bord de la CREG de juin 2026 donne, lui, 38,5 % d’énergie, 29,7 % de coûts de réseau, 26,1 % de taxes et 5,7 % de TVA. Les deux sont exacts : ils ne portent ni sur le même profil de consommation, ni sur la même région, ni sur la même date, et l’un isole la TVA que l’autre agrège aux taxes. Savoir lire cet écart fait partie de la lecture d’une facture — méfiez-vous de toute répartition citée sans son profil, sa région et sa date. L’analyse économique de ces blocs, en euros et région par région, est développée dans « Facture d’électricité : pourquoi elle reste élevée ».
Pour situer les ordres de grandeur des lignes fiscales : l’accise sur l’électricité s’élève à 0,05033 €/kWh et la cotisation sur l’énergie à 0,0002 €/kWh (Ecoconso) — cette dernière disparaissant au 1er août 2026.
La redevance fixe : la ligne qui coûte le plus cher à mal lire
Une ligne mérite un traitement à part, parce qu’elle ne dépend pas de vos kWh et qu’elle est la source d’erreur la mieux documentée de la facture belge.
La redevance fixe est le forfait annuel de votre fournisseur. En 2026, elle atteint jusqu’à 143 euros par an sur certains contrats (Test-Achats). À ce niveau, elle pèse plus lourd que bien des gestes d’économie.
Le piège se déclenche au changement de fournisseur. « Les consommateurs qui n’y sont pas attentifs lors d’un changement de fournisseur risquent de payer deux redevances fixes la même année : une chez l’ancien, une chez le nouveau » (Test-Achats). Le cas relevé est spectaculaire : une facture portant sur 434 jours alors que 92 jours seulement s’étaient écoulés.
Les règles actuelles encadrent déjà partiellement la chose :
- Contrats variables (depuis juillet 2022) : en cas de résiliation dans les six premiers mois, le fournisseur peut facturer la redevance forfaitairement sur six mois ; au-delà de six mois, le calcul doit être proportionnel au jour.
- Contrats fixes : selon l’accord du consommateur, « le fournisseur doit, à partir de la deuxième année, facturer cette redevance au moins partiellement au prorata ».
Le geste à faire : sur votre facture de clôture, divisez le montant de la redevance fixe par le nombre de jours réellement couverts, et comparez au tarif annuel de votre fiche tarifaire. Si le compte ne tombe pas, vous tenez une contestation solide.
Ce qui change sur votre facture en 2026 et 2027
Le 17 juin 2026, la commission de l’Énergie de la Chambre a approuvé une série de mesures destinées à rendre les factures plus lisibles et les prix plus comparables (Test-Achats). Plusieurs touchent directement des lignes que vous lisez.
- Redevance fixe au prorata pour tous. « À partir de 2027, tous les fournisseurs d’énergie devront facturer la redevance fixe au prorata » — la fin du forfait à l’année de contrat entamée.
- Un changement de fiche tarifaire = un nouveau nom de produit. Aujourd’hui, un fournisseur peut modifier les paramètres d’un produit sans en changer le nom, ce qui rend l’historique incomparable. L’obligation « entrera en vigueur avant la fin de cette année ».
- Remises de bienvenue encadrées. « À partir d’octobre 2026, les actions temporaires ou conditionnelles sur le prix par kWh seront en principe interdites » — le prix affiché se rapprochera du prix payé.
- QR code vers la fiche tarifaire. Les fournisseurs devront mentionner « sur chaque facture d’acompte, facture de clôture et lors de chaque renouvellement de contrat un QR code » renvoyant à la fiche tarifaire applicable. C’est le chaînon manquant entre la facture et le document qui fixe les prix.
- Estimation du coût annuel total. Les fournisseurs « devront désormais toujours donner à leurs clients une estimation du prix total sur base annuelle ».
- Renouvellement annoncé au moins deux mois avant la fin du contrat.
Une précision d’honnêteté, dans le registre qui est le nôtre sur ce blog : il s’agit à ce stade d’une approbation en commission, et les dates d’application sont échelonnées et annoncées, pas toutes actées. Nous reprenons ici ce qui a été communiqué en juin 2026 ; pour un montant ou une obligation opposable, référez-vous à votre fiche tarifaire et aux textes publiés au Moniteur belge.
Enfin, deux lignes fantômes à savoir reconnaître : la cotisation fédérale n’existe plus depuis fin 2021 mais figure encore dans quantité de modèles et de simulateurs, et la cotisation sur l’énergie disparaît au 1er août 2026. Si l’une apparaît sur une facture postérieure, posez la question. Le détail de la réforme des accises est traité dans notre article sur le niveau de la facture.
Vous contestez une ligne ? Le bon interlocuteur dépend de la ligne
Aucun de nos articles ne couvrait jusqu’ici le recours. C’est pourtant la suite logique d’une lecture ligne par ligne, et la répartition des compétences y est contre-intuitive : ce n’est pas la même instance selon la ligne que vous contestez.
Étape préalable, obligatoire. Une réclamation écrite auprès de votre fournisseur ou de votre gestionnaire de réseau. « Une première démarche amiable doit avoir été effectuée par écrit (fax/mail/courrier) » et la copie en est exigée, sauf urgence (CWaPE). Le Service de médiation fédéral confirme la règle : « Votre plainte n’est acceptée que lorsque vous avez déjà entamé des démarches auprès de l’entreprise d’électricité ou de gaz naturel » (Médiateur fédéral pour l’Énergie). Écrivez donc, et gardez la trace.
Ensuite, choisissez le bon service. En Wallonie :
| Vous contestez… | Service compétent |
|---|---|
| les index ou la consommation | SRME (régional, CWaPE) |
| les tarifs de distribution | SRME |
| un problème technique de compteur ou de réseau, une coupure, une surtension | SRME |
| le placement d’un compteur à budget, un raccordement | SRME |
| le prix de l’énergie facturée ou consommée | Service de médiation de l’Énergie (fédéral) |
| votre contrat de fourniture ou son non-respect | fédéral |
| un déménagement mal traité, un démarchage abusif | fédéral |
La logique se retient facilement : tout ce qui relève du compteur et du réseau est régional ; tout ce qui relève du contrat et du prix est fédéral. Une contestation d’index part au SRME ; une contestation de prix unitaire part au fédéral. À Bruxelles et en Flandre, les services régionaux correspondants sont respectivement Brugel et la VREG.
La CWaPE demande d’attendre vingt jours ouvrables après l’envoi de votre courrier avant de la saisir, et précise que les délais de traitement communiqués le sont « à titre indicatif » et varient selon la complexité du dossier.
Où le partage d’énergie apparaît sur votre facture
Si vous participez à une communauté d’énergie ou à un partage entre voisins, votre lecture change sur un point précis — et sur un seul.
Vous recevez deux documents, pas un. Votre fournisseur continue de vous facturer l’énergie résiduelle, c’est-à-dire ce que vous avez consommé au-delà des kWh partagés, plus la totalité des coûts de réseau et des taxes. Le représentant du partage vous facture séparément les kWh partagés. Sur la facture de votre fournisseur, l’effet du partage ne se lit donc pas comme une ligne de réduction : il se lit comme un volume de kWh plus faible sur la ligne d’énergie, les autres lignes restant inchangées.
Une ligne à surveiller malgré tout : rien n’interdit à un fournisseur de facturer des frais liés à votre participation au partage. Le mécanisme complet, les mentions obligatoires de la facture de partage et le partage des rôles entre fournisseur, gestionnaire de réseau et représentant sont détaillés dans « Facturer l’électricité partagée en Belgique », et la manière dont se fixe le prix des kWh partagés dans « Prix de cession interne en communauté d’énergie ».
Ce qu’il faut retenir
Une facture d’électricité belge se lit dans cet ordre, et l’ordre compte :
- Identifiez le document. Acompte ou décompte annuel ? Seul le décompte, fondé sur des index relevés, solde le compte.
- Vérifiez l’en-tête. Code EAN, période facturée, index de début et de fin, caractère réel ou estimé. La soustraction des index est la seule vérification arithmétique indispensable.
- Ouvrez le détail du calcul, en annexe. C’est là que sont les lignes — la page 1 ne donne que le montant.
- Séparez ce qui se négocie de ce qui se subit. Redevance fixe et prix du kWh sont concurrentiels ; réseau, taxes et accises ne le sont pas, quel que soit votre fournisseur.
- Contrôlez la redevance fixe au prorata, surtout sur une facture de clôture.
- Relevez la date de fin de contrat en section A, et mettez-vous un rappel deux mois avant.
- En cas de désaccord, écrivez d’abord, puis saisissez le service compétent : compteur et réseau au régional, contrat et prix au fédéral.
Une facture illisible n’est pas une fatalité réglementaire : depuis 2022, la loi impose une structure, et depuis juin 2026 elle impose progressivement davantage de transparence sur les prix. Ce qui reste à votre charge, c’est de savoir où regarder.
Et si votre lecture vous conduit à vouloir agir sur la ligne « énergie » plutôt qu’à la subir, le partage d’énergie est l’une des rares options qui n’exige ni travaux, ni panneaux, ni changement de fournisseur : « Rejoindre une communauté d’énergie en Wallonie » en détaille les étapes concrètes.
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FAQ
Quelles sont les cinq sections obligatoires d’une facture d’énergie en Belgique ?
L’arrêté royal du 9 décembre 2021, en vigueur depuis le 1er janvier 2022, impose cinq sections à toute facture adressée à un client résidentiel : A « informations essentielles relatives au contrat », B « combien, quand et comment dois-je payer », C « j’ai une question à poser », D « comparer contrat et changer » et E « gérer la consommation d’énergie ». Ces sections sont les mêmes chez tous les fournisseurs actifs en Belgique, parce qu’elles transposent l’article 18 et l’annexe I de la directive européenne 2019/944. Une facture qui ne les contient pas n’est pas conforme.
Quelle est la différence entre une facture d’acompte et un décompte annuel ?
L’acompte est une avance calculée sur une estimation, généralement à partir de votre consommation de l’année précédente : il ne prouve rien sur ce que vous avez réellement consommé. Le décompte annuel, aussi appelé facture de régularisation, repose sur les index relevés au compteur et calcule votre consommation réelle sur la période ; c’est le seul document qui solde le compte, en votre faveur ou en votre défaveur. Deux autres documents portent le même nom : la facture de clôture, émise lors d’un déménagement ou d’un changement de fournisseur à partir de l’index final, et le décompte mensuel proposé avec un compteur communicant, où vous ne payez plus d’acomptes mais votre consommation réelle du mois.
À quoi sert le code EAN sur ma facture d’électricité ?
C’est l’identifiant unique de votre point de fourniture — un numéro à 18 chiffres commençant par 54, qui désigne l’endroit où l’électricité entre chez vous, pas le compteur ni le contrat. Il ne change jamais, même si le compteur est remplacé, même si vous changez de fournisseur. C’est la clé de tout : c’est lui qu’on vous demande pour un déménagement, pour un changement de fournisseur, pour une réclamation, et c’est lui qui identifie votre point dans une opération de partage d’énergie. Vérifiez qu’il correspond bien à votre logement, en particulier dans un immeuble où plusieurs EAN se ressemblent.
Comment savoir si mon index est réel ou estimé ?
La facture doit le préciser : l’arrêté royal du 9 décembre 2021 impose de mentionner le caractère réel ou estimé de la consommation facturée. Cherchez la mention à côté des index de début et de fin de période — les libellés varient selon les fournisseurs. Un index estimé n’est pas une erreur en soi, c’est le mode normal des acomptes, mais il fabrique une hausse ou une baisse fantôme qui sera corrigée au décompte suivant. Si votre décompte annuel repose lui aussi sur une estimation, c’est là qu’il faut réagir : communiquez un relevé réel plutôt que d’attendre douze mois de plus.
Que faire si je ne suis pas d’accord avec ma facture d’électricité ?
D’abord une réclamation écrite auprès de votre fournisseur ou de votre gestionnaire de réseau — la démarche amiable préalable est obligatoire et il faut en garder une copie. Ensuite, l’interlocuteur dépend de la ligne contestée. En Wallonie, le Service régional de médiation pour l’énergie, logé à la CWaPE, traite les index et la consommation, les tarifs de distribution, le compteur à budget, les problèmes techniques de compteur ou de réseau, les coupures et les raccordements. Le Service de médiation de l’Énergie, fédéral, traite le prix de l’énergie facturée, le contrat de fourniture et son non-respect, les déménagements et le démarchage abusif. La CWaPE demande d’attendre vingt jours ouvrables après l’envoi de votre courrier avant de la saisir.
Qu’est-ce que la redevance fixe et peut-on la payer deux fois ?
C’est le montant forfaitaire que votre fournisseur facture par an indépendamment de vos kWh — jusqu’à 143 euros par an en 2026 sur certains contrats. Et oui, on peut la payer deux fois : en changeant de fournisseur en cours d’année, l’ancien peut la facturer sur une période plus large que celle réellement écoulée, et le nouveau la facture à son tour. Test-Achats a relevé un cas de facture portant sur 434 jours pour 92 jours de fourniture effective. Les règles actuelles limitent déjà l’excès pour les contrats variables, et la réforme approuvée le 17 juin 2026 en commission de l’Énergie de la Chambre prévoit un calcul au prorata pour tous les fournisseurs à partir de 2027.
Sources
- SPF Économie — Arrêté royal du 9 décembre 2021 fixant les exigences minimales des factures de gaz et d’électricité — texte de référence : publication au Moniteur belge le 20 décembre 2021, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, transposition de l’article 18 et de l’annexe I de la directive (UE) 2019/944, abrogation de l’arrêté royal du 3 avril 2003.
- Moniteur belge — Arrêté royal du 9 décembre 2021 (texte intégral) — article 14 et les cinq sections obligatoires de la facture résidentielle, ainsi que la liste des mentions obligatoires (identification du point de fourniture, période, caractère réel ou estimé, prix unitaire, type de tarif, date de fin de contrat).
- UVCW — Modification de la facture d’énergie à partir du 1er janvier 2022 — mise en œuvre de l’arrêté royal, répartition en cinq sections et objectif de présentation sur deux pages.
- CREG — Comment est composé le prix de l’énergie — les quatre composantes, la liste des redevances et surcharges par région, les trois exemptions de TVA et l’engagement des fournisseurs à rendre leurs factures « claires, lisibles et compréhensibles ».
- ORES — Comprendre ma facture d’énergie — rôle de collecteur du fournisseur (« Celui-ci s’occupe ensuite de la répartir vers tous les intervenants »), périmètre de la distribution et exemple 2026 d’une facture de 1 200 € répartie en 44 / 8 / 28 / 20 %.
- Ecoconso — Comprendre sa facture d’électricité — distinction acompte / régularisation / clôture, définition du code EAN, index réels et estimés, accise à 0,05033 €/kWh et cotisation sur l’énergie à 0,0002 €/kWh.
- Test-Achats — Facture de gaz ou d’électricité : voici comment la lire — les quatre types de documents, dont le décompte mensuel des compteurs communicants, et la marche à suivre pour contester une facture.
- Test-Achats — Nouvelles règles sur les factures d’énergie : ce qui change — mesures approuvées le 17 juin 2026 en commission de l’Énergie de la Chambre : prorata de la redevance fixe en 2027, nom de produit, remises conditionnelles en octobre 2026, QR code et estimation annuelle.
- Test-Achats — Attention à ne pas payer deux fois la redevance fixe — redevance fixe jusqu’à 143 €/an en 2026, règles de prorata des contrats variables et fixes, et cas d’une facture portant sur 434 jours pour 92 jours de fourniture.
- CWaPE — Service régional de médiation pour l’énergie — répartition des compétences entre le SRME et le service fédéral, obligation d’une démarche amiable écrite préalable et délai de vingt jours ouvrables avant saisine.
- Service de médiation de l’Énergie — compétence fédérale sur les différends entre client final et entreprise d’électricité ou de gaz, et condition de recevabilité tenant à la démarche préalable auprès de l’entreprise.
- Energuide — Comment lire sa facture d’énergie — présentation grand public des trois grands postes de la facture et de leur poids relatif en électricité et en gaz.
- Renouvelle — Comprendre sa facture d’électricité — vulgarisation des quatre composantes et de leurs proportions moyennes.
- CREG — Tableau de bord mensuel — parts par composante et prix all-in par région (édition de juin 2026 : 38,5 / 29,7 / 26,1 / 5,7 %).