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Locataire : le guide du solaire sans toit

En Wallonie, 36,2 % des logements ne sont pas occupés par leur propriétaire. Pour les seuls appartements, à l’échelle du pays, c’est 69,4 % — près de sept sur dix. Les chiffres viennent du recensement 2021 de Statbel, et ils décrivent une population que tout le contenu solaire de ce site a ignorée jusqu’ici.

Parce que tout ce que nous avons publié sur le photovoltaïque suppose la même chose : un toit, et le droit d’y toucher.

Le locataire n’a ni l’un ni l’autre. Il n’a pas accès aux primes, il ne signe pas les devis, il ne vote pas en assemblée générale. Le conseil qu’on lui donne, quand on lui en donne un, tient en une phrase : attendez d’être propriétaire. Depuis le 17 avril 2025, cette phrase est fausse. Ce jour-là, les kits photovoltaïques « Plug & Play » — un ou deux panneaux, un micro-onduleur, une prise de courant — sont devenus légaux en Belgique, après l’avoir été nulle part. Un locataire peut désormais posséder une production d’électricité. Mieux : elle se démonte et part avec lui.

Cet article ne refait pas ce qui est déjà écrit ailleurs sur ce site. « Rejoindre une communauté d’énergie en Wallonie » décrit la démarche administrative et pose déjà le principe que le partage suit l’EAN et non le titre de propriété ; « Partage d’énergie en copropriété : le guide » traite des trois verrous du Code civil et de l’asymétrie entre celui qui vote et celui qui consomme, mais du point de vue du syndic ; « Panneaux solaires 2026 : rentables en Wallonie ? » calcule la rentabilité d’une toiture de 4 kilowatts-crête ; « Baisser sa facture sans changer de fournisseur » compare l’accessibilité réelle du partage dans les trois régions ; « Précarité énergétique en Wallonie : les aides » documente pourquoi les locataires sont les plus exposés ; « Autoconsommation collective en Belgique » pose les définitions.

La question posée ici est différente : quand on ne possède ni le toit, ni les murs, ni le bâtiment, que possède-t-on exactement — et qu’est-ce que le droit belge accepte d’en faire ?

La réponse tient en deux objets et une contrainte de calendrier que personne ne mentionne.

Schéma en trois colonnes intitulé « Ce qu'un locataire possède réellement ». La colonne de gauche, barrée, rassemble ce qui appartient au propriétaire : la toiture, la façade, le bâtiment, les primes à l'investissement et le vote en assemblée générale. La colonne centrale, mise en avant, rassemble les deux actifs du locataire : d'une part le code EAN du point de fourniture, c'est-à-dire le compteur à son nom, d'autre part depuis le 17 avril 2025 un kit photovoltaïque mobile de type Plug and Play, qui se branche sur une prise et se démonte. Une flèche part du kit vers un encadré central marqué « compteur communicant, pose gratuite et systématique », et une seconde flèche repart de cet encadré vers la colonne de droite. La colonne de droite présente les deux débouchés : à gauche l'autoconsommation directe du kit, valorisée à 36,94 centimes d'euro par kilowattheure, et à droite le partage d'énergie, chiffré à environ 145 euros par an pour 500 kilowattheures reçus et ne demandant aucun investissement. En bas du schéma, une bande horizontale figure le décalage des horloges : une barre de trois mois représente le délai d'environ soixante jours ouvrables pour rejoindre un partage, comparée à trois durées de bail, un an pour le bail étudiant, trois ans pour le bail de courte durée et neuf ans pour le bail de résidence principale. Une mention indique que le préavis du preneur est également de trois mois.

Cet article porte sur la location résidentielle en Wallonie. Les montants de réseau cités sont ceux de la grille ORES 2026, et les prix repris de nos articles précédents pour que les chiffres du site restent comparables entre eux. Une section est consacrée à Bruxelles et à la Flandre, dont les règles diffèrent sur des points décisifs. Nous ne traitons pas ici de la copropriété vue du syndic, ni du montage d’une communauté d’énergie, qui ont chacun leur guide.

Ce que vous possédez réellement

Commençons par l’inventaire, parce qu’il est plus court qu’on ne le croit — et plus utile.

Vous ne possédez pas la toiture. Vous ne possédez pas la façade. Vous n’avez pas droit aux primes régionales à l’investissement, qui vont au maître d’ouvrage. Vous ne participez pas à l’assemblée générale qui déciderait d’équiper l’immeuble. Sur tout ce que le secteur appelle « faire du solaire », vous n’avez aucune prise.

Vous possédez deux choses.

La première est un code EAN : le point de fourniture, le compteur, le contrat à votre nom. C’est un actif administratif, il n’a pas l’air de grand-chose, et c’est pourtant le seul objet que le droit belge de l’énergie regarde. Le participant à un partage n’est pas le propriétaire du mur, c’est le titulaire du point de fourniture. Ce principe est déjà posé dans notre guide pour rejoindre une communauté d’énergie ; nous le prenons ici comme point de départ, pas comme conclusion.

La seconde est nouvelle, et c’est elle qui justifie cet article : depuis le 17 avril 2025, vous pouvez posséder une installation de production qui n’est pas incorporée au bâtiment. Elle se pose, elle se branche, elle se démonte. Juridiquement, c’est un meuble. Pratiquement, c’est la première fois qu’un locataire belge peut produire de l’électricité sans demander la permission à un mur.

L’article qui suit examine les deux, dans cet ordre — puis explique pourquoi l’ordre n’est pas celui qu’on croit.

Le kit à brancher : ce qui a changé le 17 avril 2025

Un kit photovoltaïque mobile — « Plug & Play » dans le vocabulaire du régulateur — est défini par la CWaPE comme un ensemble constitué d’un ou plusieurs panneaux photovoltaïques, d’un ou plusieurs micro-onduleurs, d’un système de support et des câblages nécessaires, conçu pour être branché sur une prise de courant standard. Pas de raccordement fixe au tableau électrique, pas d’installateur certifié, pas de contrôle RGIE.

La bascule réglementaire est datée et documentée. Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseau, a publié le 17 octobre 2024 l’édition 2.3 de sa prescription technique C10/11, dans laquelle, selon ses propres termes, « l’exigence de connexion fixe a été supprimée ». La CWaPE a validé cette modification le 26 septembre 2024. L’autorisation effective court depuis le 17 avril 2025. Le régulateur wallon l’écrit sans ambiguïté dans sa communication du même jour :

Auparavant interdite, leur installation en Région wallonne ainsi que dans les autres Régions du pays est autorisée à partir du 17 avril 2025.

Le mot qui compte est « auparavant interdite ». Pendant des années, la Belgique a été l’exception européenne sur ce point : ce que l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas autorisaient depuis longtemps était ici illégal, parce que la C10/11 imposait une connexion fixe au tableau. C’est cette phrase, et elle seule, qui a changé.

Le plafond de 800 watts n’existe pas

Il faut évacuer tout de suite l’affirmation la plus répétée du sujet, parce qu’elle est fausse et qu’elle circule partout.

La quasi-totalité des sites commerciaux belges annoncent une limite légale de 800 W par logement. Aucun texte wallon ne fixe cette limite. Le SPW Énergie écrit exactement l’inverse :

Une réflexion est actuellement en cours, au niveau fédéral et régional, en vue d’éventuellement fixer une limite de puissance pour ce type de kits, afin de garantir la sécurité des installations électriques et des usagers.

« En vue d’éventuellement fixer » : la limite est à l’étude, elle n’est pas en vigueur. La même page précise que Bruxelles recommande de ne pas dépasser deux panneaux, soit environ 800 W, et que la Flandre conseille de limiter la puissance de l’onduleur à moins de 800 W. Ce sont des recommandations, elles sont régionales, et aucune des deux n’est wallonne.

Synergrid, de son côté, écrit que la puissance des appareils Plug & Play est « en principe limitée à 2.600 W » et que « plusieurs autorités recommandent déjà aujourd’hui de limiter la puissance combinée des onduleurs des appareils “Plug&Play” à 600 W - 800 W pour des raisons de sécurité ». Et la CWaPE décrit le kit type comme produisant « en moyenne entre 400 et 800 W », ce qui décrit un marché, pas une borne juridique.

Nous insistons sur ce point parce qu’il a une conséquence pratique inverse de celle qu’on imagine : la vraie contrainte n’est pas réglementaire, elle est électrique, et elle est plus sérieuse qu’un plafond administratif. La CWaPE l’explique en une phrase qui vaut d’être lue deux fois :

Un disjoncteur protège ce circuit électrique pour le courant provenant du réseau mais il ne « voit pas passer » le courant directement injecté sur le circuit par le kit photovoltaïque “Plug & Play” si un appareil connecté sur une prise du même circuit consomme celui-ci.

Autrement dit : le kit peut faire circuler dans le câble un courant que la protection ignore. Le régulateur prend l’exemple d’un circuit en 2,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A et comportant au maximum huit prises, et conclut au risque d’échauffement puis d’incendie si la marge de sécurité est dépassée. Deux règles en découlent, et elles sont non négociables : jamais de multiprise mobile, et une prise murale en bon état sur un circuit en bon état. Le raccordement sur un circuit dédié est « fortement recommandé », mais — la CWaPE le dit aussi — « il n’est pas imposé ». En cas de doute, faire passer un électricien coûte moins cher que le kit.

La déclaration est obligatoire, et elle a un effet de bord décisif

C’est ici que le dossier devient intéressant, et c’est le point que personne ne relie.

La déclaration au gestionnaire de réseau n’est pas facultative. La CWaPE :

Toute installation de production décentralisée, dotée d’un raccordement fixe ou mobile de type “Plug & Play”, doit être déclarée au GRD et respecter la procédure de mise en service telle que prévue dans les prescriptions techniques spécifiques de raccordement d’installations de production décentralisée (C10/11).

En pratique, cela passe par le formulaire UP10, disponible sur le site du SPW Énergie et sur ceux des gestionnaires — ORES, RESA, REW, AIESH, AIEG selon votre commune. Ne pas déclarer n’est pas une simple négligence : le SPW indique que le client actif s’expose à un « calcul rétroactif des frais, taxes et surcharges dus », et que la CWaPE peut infliger une amende administrative après une procédure formelle avec notification, audition et possibilité de recours.

Or cette déclaration déclenche autre chose :

Depuis le 1er janvier 2024, l’installation et l’activation de la fonction communicante d’un compteur communicant a lieu systématiquement lorsque l’utilisateur du réseau met en service une nouvelle installation de production d’électricité d’une puissance égale ou inférieure à 10 kVA.

Et, deux phrases plus loin :

le remplacement d’un compteur électromécanique par un compteur communicant, nécessaire pour répondre à l’obligation visée ci-dessus, est gratuit, conformément aux tarifs des GRD approuvés par la CWaPE.

Retenez la séquence, parce que c’est la colonne vertébrale de cet article. Vous branchez un kit. Vous le déclarez. On vous pose gratuitement un compteur communicant. Et le compteur communicant est exactement — nous y venons — la seule condition d’accès au partage d’énergie.

Le tarif prosumer ne s’applique pas, et la raison n’est pas celle qu’on croit

Beaucoup de lecteurs s’arrêteront ici en se disant qu’ils viennent de s’inscrire au tarif prosumer, ce qui ruinerait l’opération : sur la grille 2026, le terme capacitaire tourne autour de 81 € hors TVA par kilowatt et par an chez ORES. Sur un kit de 0,8 kW, ce serait environ 65 € — presque autant que ce que le kit rapporte.

Ce n’est pas ce qui se passe, et le mécanisme mérite d’être posé correctement parce qu’il est systématiquement mal restitué.

Le « tarif prosumer » n’est pas une taxe sur le fait de produire. C’est, selon la définition que la CWaPE donne d’elle-même, le tarif forfaitaire facturé aux prosumers « dont on ne peut déterminer les prélèvements bruts, car ils ne possèdent pas (encore) de compteur double-flux ». C’est un tarif de repli métrologique : on ne sait pas mesurer, donc on forfaitise. La page « Facturation des coûts de réseau » du régulateur le dit en deux branches qui ne laissent pas de place au doute :

Votre situation Ce qui est facturé
Vous avez un compteur double flux ou communicant Les tarifs proportionnels en €/kWh s’appliquent au volume brut prélevé
Vous n’en avez pas Un tarif capacitaire en €/kWe, « appelé tarif prosumer », s’applique à la puissance nette développable

Hypothèses : les deux formulations sont reprises mot pour mot de la page « Facturation des coûts de réseau » de la CWaPE, consultée le 16 septembre 2026. Le montant indicatif de 81 €/kWe hors TVA est l’ordre de grandeur de la grille ORES 2026 déjà cité dans notre article du 11 août, où nous expliquons l’écart entre les montants hors et avec TVA.

La conséquence est mécanique. Déclarer un kit fait poser un compteur communicant ; le compteur communicant rend le prélèvement brut mesurable ; le forfait capacitaire n’a donc plus d’objet. Le kit n’échappe pas au tarif prosumer par exemption : il en sort par la porte de la mesure.

L’association de défense des prosumers BeProsumer a relevé le résultat et le conteste vigoureusement, estimant qu’« une discrimination technique et réglementaire existe entre les installations traditionnelles et les kits Plug & Play », les premières étant soumises au tarif prosumer et à des obligations de contrôle et d’assurance dont les secondes sont dispensées. Le constat est exact. La cause, en revanche, n’est pas une faveur accordée aux kits : c’est que la Wallonie a rendu le compteur communicant systématique pour toute nouvelle production depuis 2024, et que le forfait n’a de sens que faute de mesure.

Ce que le kit rapporte vraiment

Passons aux euros. Et disons-le d’emblée : c’est ici que la plupart des articles disponibles deviennent fantaisistes, dans les deux sens.

La valeur d’un kilowattheure produit ne dépend que de sa destination, et l’écart est celui que nous utilisons dans tout le corpus :

Destination d’un kilowattheure Ce qu’il vaut
Consommé chez vous à l’instant où il est produit 36,94 c€ — le prix de détail que vous n’avez pas payé
Injecté sur le réseau 3,5 c€ — la rémunération d’injection
Écart 33,44 c€, un rapport de plus de dix

Hypothèses : prix de détail tout compris TVAC relevé par la CREG en juin 2026 et rémunération d’injection moyenne relevée par Test-Achats le 28 mai 2026, repris tels quels de nos articles précédents.

Pour un kit, deux variables et deux seulement décident du résultat : où vous pouvez le poser, et quelle part vous en consommez directement.

Sur la première, le SPW Énergie publie une fourchette large et honnête : de 200 à 1 038 kWh par kilowatt-crête et par an, selon l’orientation, l’inclinaison et l’ombrage. Cet écart de un à cinq est la donnée centrale du dossier pour un locataire, parce qu’un locataire ne choisit pas son exposition : il a le balcon qu’il a.

Sur la seconde, il faut résister à une tentation. Le taux d’autoconsommation de 37,76 % que le SPW retient pour le calcul du tarif prosumer, et que nous utilisons partout ailleurs sur ce site, vaut pour une installation de 4 kilowatts-crête. Il ne s’applique pas ici, et l’appliquer conduirait à sous-estimer le kit. Un kit de 800 W produit, à midi en juin, moins que ce que consomment en permanence un frigo, une box internet, une VMC et les veilles d’un logement occupé. Autrement dit il reste la plus grande partie du temps sous le talon de consommation du ménage, donc entièrement absorbé. La CWaPE le confirme indirectement en écrivant qu’un tel kit couvre « environ 10 à 20 % de la consommation d’un ménage » : rapporté à un productible réaliste, cela suppose un taux d’autoconsommation nettement supérieur à celui d’une toiture. Le petit gagne en taux ce qu’il perd en volume.

Voici donc le calcul, sur un kit de 0,8 kWc acheté environ 800 € — le SPW retient un ordre de grandeur de 1 €/Wc pour ce format, micro-onduleurs compris :

Où vous pouvez le poser Production annuelle Valeur à 40 % autoconsommé Valeur à 70 % autoconsommé
Terrasse ou toit plat, incliné, plein sud 760 kWh 128 € — retour 6,2 ans 204 € — retour 3,9 ans
Garde-corps de balcon vertical, plein sud 532 kWh 90 € — retour 8,9 ans 143 € — retour 5,6 ans
Garde-corps vertical, est ou ouest 380 kWh 64 € — retour 12,5 ans 102 € — retour 7,8 ans
Garde-corps vertical, plein nord 200 kWh 34 € — retour 23 ans 54 € — retour 15 ans

Hypothèses : kit de 0,8 kWc à 800 € TVAC, ordre de grandeur de 1 €/Wc publié par le SPW Énergie. Les productibles des trois premières lignes sont interpolés à l’intérieur de la fourchette de 200 à 1 038 kWh/kWc publiée par le SPW ; ils ne proviennent pas d’une simulation PVGIS et doivent être lus comme des ordres de grandeur, pas comme des mesures. Valorisation à 36,94 c€/kWh autoconsommé et 3,5 c€/kWh injecté. Hors coût de support, hors main-d’œuvre, hors dégradation des modules et hors évolution du prix de l’électricité.

Deux lectures s’imposent.

D’abord, le SPW publie de son côté une estimation de 7 à 11 ans de retour sur investissement pour une installation de 0,8 kWc, sur la base d’un travail de Renouvelle. Nos chiffres sont plus favorables dès qu’on dépasse 40 % d’autoconsommation, et il faut dire exactement pourquoi : c’est la seule différence d’hypothèse. Le SPW écrit que l’autoconsommation « doit idéalement être supérieure à 40 % pour rentabiliser l’installation » et raisonne sur ce seuil ; nous estimons qu’un kit de cette taille fait mieux, pour la raison de talon de consommation exposée plus haut. Si vous ne deviez retenir qu’un chiffre, retenez celui du régulateur régional : 7 à 11 ans. Le nôtre est une hypothèse mieux-disante, pas une mesure.

Ensuite, et c’est plus important : l’orientation décide de tout, et elle décide plus que le prix du kit. Entre la première et la dernière ligne du tableau, le retour passe de quatre ans à vingt-trois. Un locataire dont le seul espace extérieur est un balcon au nord n’a pas un mauvais dossier : il n’a pas de dossier. Mieux vaut le savoir avant d’acheter que d’y arriver par déception.

La voix discordante, et pourquoi nous la citons

BeProsumer, l’association qui représente les prosumers wallons, déconseille explicitement ces kits. Son argument n’est pas technique mais prudentiel : l’association rappelle avoir été fondée sur le constat que des textes réglementaires peuvent être modifiés a posteriori au détriment des prosumers, et estime qu’« il n’existe pas encore assez de recul pour mesurer les conséquences administratives et l’impact financier potentiel » d’une telle déclaration.

Nous ne partageons pas cette conclusion pour un locataire — le raisonnement de l’association vise surtout les ménages déjà équipés qui bénéficient encore de la compensation, et qui ont donc quelque chose à perdre. Mais l’avertissement est fondé et nous préférons le transmettre plutôt que de le taire. Il se double d’un conseil opérationnel que nous reprenons volontiers : ne déclarez pas votre kit en fin de saison de production. Tout changement administratif peut entraîner un relevé d’index et une facture intermédiaire à un moment défavorable.

Un cas particulier en découle. Si vous louez un logement déjà équipé de panneaux mis en service avant le 1er janvier 2024, donc encore sous compensation, la CWaPE précise qu’une extension « fixe ou mobile de type “Plug & Play” » augmentant la puissance de maximum 1 kW, en restant sous 10 kVA au total, ne fait pas perdre le droit à la compensation. Le seuil est étroit : un kit de 800 W passe, deux kits ne passent pas.

Le compteur communicant ouvre la seconde porte

Revenons à la séquence. Vous avez déclaré un kit, on vous a posé un compteur communicant, gratuitement. Vous venez, sans l’avoir cherché, de remplir la seule condition d’entrée du partage d’énergie.

Car la condition d’accès au partage n’est pas patrimoniale, elle est métrologique. Le SPW Énergie l’énonce ainsi : « chaque participant doit être équipé d’un compteur double flux télé-relevé quart horaire ou d’un compteur communicant ». Il n’est demandé nulle part d’être propriétaire, d’avoir investi, ni de produire quoi que ce soit.

Et le même site est explicite sur le public visé. Le partage s’adresse à tous, « y compris [aux] locataires et [aux] ménages précarisés qui n’ont pas la possibilité d’investir seuls ».

Il faut mesurer ce que cela signifie. Le dispositif que la Wallonie a conçu pour les gens qui ne peuvent pas investir exige un équipement que la Wallonie installe elle-même, gratuitement, mais en priorité chez ceux qui produisent. Un locataire qui ne produit rien dépend, lui, du calendrier de déploiement général — qu’ORES mène jusqu’à fin 2029. Il peut aussi en demander la pose directement à son gestionnaire de réseau, et c’est gratuit ; mais il faut savoir que c’est possible, et le demander.

C’est la raison pour laquelle nous plaçons le kit avant le partage dans cet article, alors même que le partage rapporte davantage. Non parce que le kit est supérieur, mais parce qu’il est la voie la plus courte et la mieux balisée vers le compteur qui conditionne tout le reste. Un kit à 800 € qui vous rapporte 143 € par an et vous fait poser, au passage, le compteur qui vous ouvre un partage à 145 € par an, n’a pas le même bilan qu’un kit examiné tout seul.

Recevoir sans rien posséder : ce que le partage vaut pour un locataire

Le partage d’énergie est le seul dispositif d’économie d’énergie belge qui ne suppose aucun investissement préalable. Vous ne changez pas de fournisseur, vous ne résiliez rien, vous n’installez rien. Une part de l’électricité que vous consommez déjà vous est facturée à un prix interne, convenu dans une convention de partage, au lieu du prix de votre contrat.

L’ordre de grandeur documenté, que nous reprenons tel quel de nos articles précédents, est d’environ 145 € par an pour un consommateur recevant 500 kWh d’énergie partagée au tarif standard, d’après le cas chiffré par Énergie Commune dans le cadre d’Interreg Europe.

Trois réserves, toutes importantes pour un locataire.

Le tarif social change le calcul. Pour un ménage déjà au tarif social, le même cas tombe à environ 70 € par an, parce que le tarif social plafonne déjà la composante énergie. Et il y a plus contraignant : la CWaPE impose au participant résidentiel de renoncer au tarif social sur la part d’électricité partagée. Comme les locataires sont surreprésentés parmi les clients protégés — notre article sur la précarité énergétique relève que 33,0 % des locataires du parc privé et 45,5 % des locataires sociaux sont en précarité énergétique, contre 15 % des propriétaires — cette réserve concerne une grande partie du lectorat de cet article. Elle ne rend pas le partage défavorable, mais elle impose de faire le calcul avant de signer.

Les frais administratifs peuvent absorber le gain. Selon les fournisseurs, ils vont de 0 à 150 € par code EAN. Sur un gain de 145 €, ce n’est pas un détail : c’est le premier chiffre à demander.

Toutes les portes ne sont pas ouvertes en Wallonie. Le partage entre voisins — le pair-à-pair — est inscrit dans le décret depuis 2022 mais reste inopérant faute d’arrêté d’exécution. Restent deux voies : le partage au sein d’un même bâtiment, qui ne demande aucune personne morale et ouvre droit à une réduction de 80 % du terme proportionnel de distribution, et l’adhésion à une communauté d’énergie. Pour un locataire d’appartement, la première est de loin la meilleure — mais elle suppose que quelqu’un, dans l’immeuble, ait équipé la toiture. Pour un locataire de maison, seule la seconde existe.

Et là, un chiffre calme les ardeurs : au 16 septembre 2026, la CWaPE recense treize communautés d’énergie notifiées, dont cinq seulement disposent d’un partage autorisé. La dernière notification date du 23 juillet 2026. Le dispositif est réel, il est légal, il fonctionne — mais il est encore rare, et la probabilité qu’il en existe une à votre adresse est faible. C’est une raison de plus de ne pas faire dépendre toute votre stratégie du partage seul.

Le décalage des horloges

Voici la contrainte que nous n’avons vue formulée nulle part, et qui devrait pourtant être le premier critère de décision d’un locataire.

Rejoindre un partage prend du temps, et ce temps est écrit dans la réglementation. L’article 7 de l’arrêté du Gouvernement wallon du 17 mars 2023 organise une notification en cascade : dix jours ouvrables pour l’accusé de complétude, vingt pour la vérification des conditions et l’envoi de la convention-type, dix pour le renvoi de la convention signée, puis un démarrage au vingtième jour ouvrable suivant, les fournisseurs étant informés au plus tard quinze jours ouvrables avant. Soit, comme nous l’écrivions dans le guide de la copropriété, environ soixante jours ouvrables à dossier complet du premier coup — près de trois mois calendrier.

Maintenant, mettez ce délai en regard de la durée de votre bail. Le décret wallon du 15 mars 2018 relatif au bail d’habitation en distingue trois formes principales :

Forme de bail Durée Préavis du preneur Ce que trois mois de démarches représentent
Bail étudiant (art. 80) Un an, sauf durée inférieure convenue Régime propre au chapitre 5 Un quart du bail
Bail de courte durée (art. 55, § 6) Trois ans maximum, prorogations comprises Trois mois avant l’échéance Un douzième du bail
Bail de résidence principale (art. 55, § 1er) Neuf ans, prorogé par périodes de trois ans Trois mois avant l’échéance Un trente-sixième du bail

Hypothèses : durées et préavis lus dans le décret du 15 mars 2018 relatif au bail d’habitation, version en vigueur au 1er juillet 2024 publiée sur Wallex. Délai de partage repris de l’article 7 de l’arrêté du Gouvernement wallon du 17 mars 2023, déjà détaillé dans notre guide de la copropriété.

La symétrie est frappante et personne ne la relève : le délai pour entrer dans un partage est, à peu de chose près, le délai de préavis pour quitter son logement. Trois mois d’un côté, trois mois de l’autre. Sur un bail de neuf ans, cette symétrie n’a aucune importance. Sur un bail étudiant d’un an, elle décide de tout : le temps que le partage démarre, l’année académique est à moitié écoulée.

D’où une règle de décision simple, et qui inverse l’ordre habituel des questions :

  • Bail de résidence principale, ou courte durée que vous comptez proroger : le partage est le meilleur levier. Aucun investissement, environ 145 € par an, et le temps de démarrage se dilue dans la durée d’occupation. Commencez par lui.
  • Bail étudiant, ou emménagement de moins d’un an : le partage n’aura pas le temps de produire ses effets. Le kit, lui, produit le jour où vous le branchez — et il vous suivra à l’adresse suivante.
  • Vous ne savez pas combien de temps vous resterez : c’est le cas le plus fréquent, et c’est l’argument le plus fort en faveur du kit. Il est le seul des deux dispositifs dont la valeur ne dépend pas de la durée pendant laquelle vous restez à cette adresse.

Ajoutons une variable qui échappe aux deux : le compteur. Si votre logement n’a pas encore de compteur communicant et que vous n’installez pas de kit, vous dépendez du déploiement d’ORES, prévu jusqu’à fin 2029. Vous pouvez en demander la pose — c’est gratuit — mais la demande s’ajoute au délai, elle ne s’y substitue pas.

Quand le propriétaire dit non

Il faut traiter la question franchement, parce que c’est celle que tout le monde se pose et que les réponses disponibles sont évasives.

Commençons par ce que dit le régulateur. La CWaPE consacre au sujet un paragraphe, et le voici en entier :

En cas de location d’une habitation, il est également recommandé de prendre contact avec le propriétaire afin de le prévenir et d’obtenir son accord. Le contrat de location pourrait prévoir des dispositions spécifiques à cet égard.

Le verbe est « recommandé », pas « requis ». Le régulateur ne fait pas de l’accord du bailleur une condition de la légalité de votre installation — il renvoie au contrat de bail, ce qui est autre chose.

Nous avons lu le décret wallon du 15 mars 2018 pour savoir ce qu’il dit des aménagements réalisés par le preneur pour son propre compte. Il n’en dit rien. Le décret encadre abondamment les travaux du bailleur : l’article 21 oblige le preneur à souffrir les « travaux économiseurs d’énergie dont la liste est établie par le Gouvernement », l’article 55, § 3 permet au bailleur de résilier pour reconstruire ou rénover, l’article 58 lui permet d’obtenir une révision du loyer si des travaux réalisés à ses frais ont augmenté la valeur locative d’au moins dix pour cent. L’article 50 organise le bail à rénovation, mais il vise les travaux « qui incombent au bailleur » — poser un panneau sur son balcon n’entre dans aucune de ces catégories.

Autrement dit, la question ne se tranche ni dans le droit de l’énergie ni dans le décret bail : elle se tranche dans les clauses de votre contrat et dans l’obligation générale de restituer le bien dans l’état où vous l’avez reçu. Ce qui conduit à trois recommandations concrètes, par ordre d’efficacité :

Posez sans fixer. Un kit lesté sur une terrasse ou un balcon, sans perçage, sans ancrage en façade, ne modifie pas le bien loué et ne laisse aucune trace au départ. C’est aussi ce qui le fait entrer dans l’exemption d’urbanisme : la CWaPE écrit que l’installation est « généralement exemptée d’une demande de permis d’urbanisme dans la mesure où elle ne modifie pas l’apparence extérieure de l’habitation ». Ce qui ne se visse pas est à la fois plus simple juridiquement et plus simple à emporter. Attention toutefois à la prise au vent : l’absence de fixation impose un lestage sérieux, et c’est une responsabilité qui reste la vôtre.

Écrivez, même si rien ne vous y oblige. Un courriel signalant la marque, la puissance, le mode de pose et l’absence de perçage coûte cinq minutes et transforme un litige potentiel en fait établi. Il sert aussi pour l’assurance : la CWaPE conseille de vérifier le contrat d’assurance habitation, certaines clauses imposant une obligation d’information en cas de placement d’un système de production.

Si c’est non, ce n’est pas la fin. Le refus du bailleur ne vous ferme que le kit. Il ne vous ferme ni le compteur communicant — dont vous restez l’utilisateur du réseau, le contrat étant à votre nom — ni le partage d’énergie, qui ne suppose aucune installation. Un propriétaire peut refuser un objet sur son balcon ; il ne peut pas refuser que vous achetiez votre électricité à une communauté d’énergie.

Enfin, un mot sur le cas inverse, celui où le propriétaire, lui, voudrait équiper. C’est le classique dilemme du propriétaire-locataire : celui qui paie l’installation n’est pas celui qui économise sur la facture. L’article 58 du décret bail offre au bailleur une porte de sortie — la révision de loyer pour travaux ayant augmenté la valeur locative d’au moins dix pour cent —, et notre guide de la copropriété détaille le montage qui fait circuler la valeur dans les deux sens. Si votre immeuble en est là, c’est la lecture à lui transmettre.

Locataire d’un logement social

Le cas mérite une section, parce qu’il concentre à la fois le plus grand potentiel et les plus fortes réserves.

Le potentiel est évident : les sociétés de logement de service public possèdent des parcs entiers de bâtiments homogènes, avec des toitures disponibles et un propriétaire unique — donc sans les trois verrous du Code civil qui bloquent les copropriétés privées. Un immeuble de logements sociaux est, sur le papier, la configuration idéale pour un partage au sein d’un même bâtiment : pas d’assemblée générale à convoquer, pas d’association de copropriétaires empêchée de posséder les panneaux, un seul décideur. C’est cette configuration qu’explore le projet SOCCER, dont l’un des trois sites est une cité de logements sociaux à Ans, et que nous citions déjà dans notre article sur la précarité énergétique.

Les réserves sont de trois ordres, et elles sont sérieuses.

La première est celle du tarif social, déjà évoquée : une part importante des locataires sociaux sont clients protégés, et la renonciation au tarif social sur la part partagée réduit le gain d’environ 145 € à environ 70 € par an pour 500 kWh. Le calcul reste positif, mais il n’est plus du tout le même argument.

La deuxième est le chauffage collectif. Les locataires de logements sociaux chauffés par une installation collective relèvent d’un régime particulier, notamment pour l’octroi automatique du tarif social. Quand l’énergie est comprise dans les charges plutôt que facturée sur un compteur individuel, il n’y a pas d’EAN au nom du locataire — et sans EAN à son nom, la logique entière de cet article s’effondre. C’est le seul cas où un locataire ne possède réellement aucun des deux actifs. La question à poser est donc simple et préalable : le compteur est-il à mon nom ?

La troisième est que la décision ne vous appartient pas. Contrairement au kit, un partage à l’échelle d’un immeuble social se décide au niveau de la société de logement. Le levier d’un locataire y est collectif et politique, pas contractuel.

Louer à Bruxelles ou en Flandre

Le cadre change, et sur des points qui importent précisément à un locataire.

À Bruxelles, la situation est nettement plus favorable, et c’est logique : avec 38,1 % seulement de logements occupés par leur propriétaire au recensement 2021, la Région est majoritairement locataire. L’ordonnance électricité ouvre expressément le partage intra-bâtiment à « tous les occupants du bâtiment qui le souhaitent — personnes physiques ou morales, propriétaires ou locataires », et l’installation peut appartenir à un occupant comme à un tiers. Le pair-à-pair y est opérationnel, contrairement à la Wallonie. Sur les kits, Bruxelles recommande de ne pas dépasser deux panneaux, soit environ 800 W — une recommandation, là encore, et non une règle wallonne. Pour tout ce qui touche au partage bruxellois, nous renvoyons systématiquement à Brugel, le régulateur.

En Flandre, le partage entre particuliers fonctionne également, et Fluvius a déployé les compteurs numériques bien plus vite que la Wallonie — ce qui supprime, pour la plupart des locataires flamands, l’obstacle du compteur. La recommandation régionale sur les kits porte sur la puissance de l’onduleur, à limiter à moins de 800 W ; la notification n’est requise que sous certaines conditions, alors qu’elle est systématique en Wallonie et à Bruxelles. En revanche le tarif capacitaire flamand pèse sur la pointe de puissance appelée, ce qui change la façon de lire l’intérêt d’une petite production.

Le détail région par région — et surtout le test d’accessibilité réelle, qui ne recoupe pas la légalité formelle — est traité dans « Baisser sa facture sans changer de fournisseur ». Nous ne le refaisons pas ici.

Déménager : ce qui vous suit, ce qui reste

C’est la question qui distingue un locataire de tous les autres profils que nous avons traités, et elle a une réponse nette.

Le kit vous suit. C’est sa raison d’être. Il se démonte, il se transporte, il se rebranche. Deux formalités le suivent : signaler la fin d’exploitation à l’ancienne adresse, et refaire une déclaration UP10 à la nouvelle — auprès d’un gestionnaire de réseau qui n’est pas forcément le même, la Wallonie en comptant cinq. C’est aussi le moment de vérifier que le nouveau logement dispose bien d’un compteur communicant, faute de quoi la pose sera de nouveau déclenchée, et de nouveau gratuite.

Le partage ne vous suit pas. Votre participation est attachée au code EAN du logement que vous quittez, et cet EAN ne bouge pas : il reste au mur et passera au prochain occupant. Votre sortie est à notifier au gestionnaire de réseau. Si vous rejoignez un partage à votre nouvelle adresse, le compteur des soixante jours ouvrables repart de zéro.

Le compteur communicant reste, et c’est une bonne nouvelle pour quelqu’un d’autre. Le compteur que votre déclaration a fait poser gratuitement demeure dans le logement. Le locataire suivant héritera donc, sans le savoir, de la condition d’accès au partage — un effet collatéral modeste, mais qui va dans le bon sens à l’échelle d’un parc immobilier.

Une dernière précaution de calendrier, déjà donnée plus haut mais qui vaut doublement en cas de déménagement : évitez les changements administratifs en fin de saison de production, sous peine de relevé d’index et de facturation intermédiaire à contretemps.

Ce qu’il faut retenir

  1. En Wallonie, 36,2 % des logements ne sont pas occupés par leur propriétaire, et près de sept appartements belges sur dix non plus. C’est la population que tout le contenu solaire, ici comme ailleurs, a jusqu’ici laissée de côté.
  2. Un locataire possède deux actifs, et deux seulement : un code EAN, et — depuis le 17 avril 2025 — le droit de brancher une production qui n’est pas incorporée au bâtiment. Les deux sont mobiliers. C’est ce qui rend son cas différent de tous les autres profils traités sur ce site.
  3. Le plafond légal de 800 W n’existe pas en Wallonie. Le SPW écrit qu’une limite est « à l’étude » ; Synergrid parle de 2 600 W en principe et de 600 à 800 W en recommandation de sécurité. La vraie contrainte est électrique : jamais de multiprise, une prise murale sur un circuit sain, et de la prudence sur le courant qu’un disjoncteur ne voit pas passer.
  4. Déclarer son kit fait poser gratuitement un compteur communicant — et c’est là que se joue l’essentiel. Ce compteur est la seule condition d’accès au partage d’énergie. Il fait aussi sortir l’installation du tarif prosumer, non par exemption mais parce que le forfait en €/kWe est réservé à ceux dont on ne peut pas mesurer le prélèvement brut.
  5. L’orientation décide de la rentabilité du kit, plus que son prix. Entre une terrasse plein sud et un garde-corps plein nord, le retour sur investissement passe d’environ quatre ans à plus de vingt. Le SPW publie 7 à 11 ans pour un kit de 0,8 kWc ; c’est le chiffre de référence, le nôtre suppose une autoconsommation plus élevée.
  6. Le partage rapporte davantage et ne coûte rien — environ 145 € par an pour 500 kWh reçus — mais il a trois conditions. Renoncer au tarif social sur la part partagée, vérifier les frais administratifs du fournisseur qui peuvent atteindre 150 € par EAN, et trouver une opération existante : la CWaPE ne recense que treize communautés notifiées, dont cinq avec un partage autorisé.
  7. Regardez la durée de votre bail avant de regarder le matériel. Rejoindre un partage prend environ trois mois, soit exactement le préavis pour quitter un logement. Sur neuf ans, c’est négligeable ; sur un bail étudiant d’un an, cela consomme un quart du contrat. Le kit, lui, produit le jour où on le branche, et il déménage avec vous.

Le compteur est à votre nom : c’est tout ce qu’il faut

OptimCE est une plateforme open source pensée pour les communautés d’énergie belges : registre des participants, clé de répartition au quart d’heure, décomptes et facturation. Un locataire y entre exactement comme un propriétaire — le partage suit le point de fourniture, pas le titre de propriété.

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FAQ

Un locataire peut-il installer des panneaux solaires ?

Sur la toiture, non : elle appartient au propriétaire, et rien dans le décret wallon du 15 mars 2018 ne donne au preneur le droit d’y toucher. Mais depuis le 17 avril 2025, un kit « Plug & Play » branché sur une prise ordinaire est autorisé en Belgique. Ce kit n’est pas incorporé au bâtiment : il se pose, se démonte et repart avec vous.

Trois réserves. Il doit être déclaré au gestionnaire de réseau avant sa mise en service, via le formulaire UP10. La CWaPE recommande — sans en faire une condition légale — de prévenir le propriétaire. Et le rendement dépend entièrement de l’emplacement : le SPW publie une fourchette de 200 à 1 038 kWh par kilowatt-crête et par an.

Faut-il être propriétaire pour participer à un partage d’énergie ?

Non. Le partage suit le point de fourniture, pas le titre de propriété : le participant est celui dont le nom figure sur le compteur. Le SPW Énergie écrit que le dispositif est ouvert « y compris [aux] locataires et [aux] ménages précarisés qui n’ont pas la possibilité d’investir seuls ». La seule condition est d’avoir un compteur double flux télé-relevé au quart d’heure ou un compteur communicant.

Une nuance compte si vous êtes client protégé : la CWaPE impose de renoncer au tarif social sur la part partagée. Le gain passe alors d’environ 145 € à environ 70 € par an pour 500 kWh reçus. Le calcul reste positif, mais il doit être fait avant de signer.

Un kit Plug & Play déclenche-t-il le tarif prosumer ?

Non, et la raison n’est pas une exemption. Le « tarif prosumer » est, selon la CWaPE, le forfait facturé aux prosumers « dont on ne peut déterminer les prélèvements bruts, car ils ne possèdent pas (encore) de compteur double-flux ». C’est un tarif de repli faute de mesure.

Or déclarer un kit entraîne la pose systématique et gratuite d’un compteur communicant, obligatoire depuis le 1er janvier 2024 pour toute nouvelle production de 10 kVA ou moins. Une fois ce compteur posé, les tarifs proportionnels s’appliquent au volume brut prélevé et le forfait capacitaire n’a plus d’objet. BeProsumer dénonce cette différence de traitement ; le constat est exact, la cause est métrologique.

Le plafond de 800 watts est-il une obligation légale en Wallonie ?

Non, et c’est l’erreur la plus répandue du sujet. Aucun texte wallon ne fixe ce plafond. Le SPW écrit qu’« une réflexion est actuellement en cours […] en vue d’éventuellement fixer une limite de puissance », et précise que les 800 W sont une recommandation bruxelloise et un conseil flamand. Synergrid indique une limite « en principe » de 2 600 W, avec une recommandation de sécurité de 600 à 800 W.

La contrainte réelle est électrique : le disjoncteur ne « voit pas passer » le courant injecté par le kit si un appareil du même circuit le consomme, d’où un risque d’échauffement. Jamais de multiprise mobile, et une prise murale sur un circuit en bon état.

Combien de temps faut-il pour rejoindre un partage d’énergie en Wallonie ?

Environ soixante jours ouvrables à dossier complet, soit près de trois mois calendrier. L’article 7 de l’arrêté du 17 mars 2023 enchaîne dix jours ouvrables pour l’accusé de complétude, vingt pour la vérification, dix pour le renvoi de la convention signée, puis un démarrage au vingtième jour ouvrable suivant.

Ce délai est presque exactement le préavis de trois mois d’un preneur. Sur un bail étudiant, réputé conclu pour un an, la procédure consomme un quart du contrat ; sur un bail de neuf ans, elle ne pèse rien. C’est la durée du bail, pas le matériel, qui doit décider en premier.

Que devient mon installation et mon partage quand je déménage ?

Le kit vous suit — c’est sa particularité. Deux formalités l’accompagnent : signaler la fin d’exploitation à l’ancienne adresse, et refaire une déclaration UP10 auprès du gestionnaire de réseau de la nouvelle, qui n’est pas forcément le même.

Le partage, lui, ne vous suit pas : votre participation est attachée à l’EAN du logement que vous quittez, et cet EAN reste sur place. Votre sortie est à notifier au gestionnaire de réseau, et le délai repart de zéro à la nouvelle adresse. Évitez de déclarer ou de résilier en fin de saison de production, sous peine de relevé d’index et de facture intermédiaire à contretemps.

Sources

  • CWaPE — Installation de kits photovoltaïques “Plug & Play” en Région wallonne — communication CD-25d17-CWaPE-0078 du 17 avril 2025, source principale de cet article. Fournit la date d’autorisation et la mention « auparavant interdite », la définition du kit, l’obligation de déclaration au gestionnaire de réseau au titre de la C10/11, la pose systématique et gratuite du compteur communicant depuis le 1er janvier 2024 pour toute production de 10 kVA ou moins, le seuil de 1 kW d’extension préservant la compensation, la description d’un kit type « entre 400 et 800 W » couvrant 10 à 20 % de la consommation d’un ménage, la nature facultative de l’homologation C10/26 par rapport à la conformité C10/11 obligatoire, l’avertissement sur le courant que le disjoncteur ne « voit pas passer », l’exemption générale de permis d’urbanisme et le paragraphe 6.2 sur la copropriété et la location. Consulté le 16 septembre 2026.
  • SPW Énergie — Installation photovoltaïque mobile (plug&play) — source du formulaire UP10 et de la liste des gestionnaires concernés, des sanctions en cas de non-déclaration (calcul rétroactif des frais, taxes et surcharges, amende administrative de la CWaPE), de l’absence de plafond de puissance en vigueur et de la phrase « en vue d’éventuellement fixer une limite », des recommandations bruxelloise et flamande, de la fourchette de productible de 200 à 1 038 kWh/kWc, du coût indicatif de 1 €/Wc, du seuil d’autoconsommation de 40 % et de l’estimation de retour sur investissement de 7 à 11 ans attribuée à Renouvelle, ainsi que de l’exemption de permis d’urbanisme depuis le 1er mai 2025 à la suite de la modification du CoDT. Consulté le 16 septembre 2026.
  • CWaPE — Facturation des coûts de réseau — source de la distinction décisive entre les deux régimes : avec compteur double flux ou communicant, les tarifs proportionnels s’appliquent au volume brut prélevé ; sans, un tarif capacitaire en €/kWe « appelé tarif prosumer » s’applique à la puissance nette développable. C’est le fondement de la démonstration selon laquelle un kit déclaré sort du forfait prosumer par la mesure et non par exemption. Consulté le 16 septembre 2026.
  • CWaPE — Le tarif prosumer — définition du tarif prosumer comme forfait facturé aux prosumers « dont on ne peut déterminer les prélèvements bruts, car ils ne possèdent pas (encore) de compteur double-flux », application par défaut quelle que soit la technologie, et absence de tarif prosumer pour les clients protégés bénéficiant du tarif social. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Synergrid — Homologation Plug & Play — source de la limite « en principe » de 2 600 W, de la recommandation de sécurité de 600 à 800 W attribuée à plusieurs autorités, du fait que seuls les onduleurs sont homologués et figurent sur une liste C10/26 distincte, et de l’obligation de notification de chaque appareil en Wallonie et à Bruxelles. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Synergrid — À partir du 17.04.2025 les appareils Plug&Play homologués pourront être raccordés en Belgique — communiqué à l’origine de la bascule : publication de l’édition 2.3 de la C10/11 le 17 octobre 2024 et suppression de l’exigence de connexion fixe. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Statbel — Census 2021, type de propriété — source des parts de logements occupés par leur propriétaire : 64,5 % en Belgique contre 65,6 % en 2011, 63,8 % en Région wallonne, 69,8 % en Région flamande, 38,1 % en Région de Bruxelles-Capitale, 82,1 % pour les maisons et 30,6 % pour les appartements. Les pourcentages de logements « non occupés par leur propriétaire » cités dans cet article en sont le complément arithmétique. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Wallex — Décret du 15 mars 2018 relatif au bail d’habitation — version en vigueur au 1er juillet 2024. Source des durées et préavis : article 55, § 1er pour le bail de neuf ans et le préavis de trois mois du preneur, article 55, § 6 pour le bail d’une durée inférieure ou égale à trois ans non prorogeable au-delà, article 80 pour le bail étudiant réputé conclu pour un an. Également source de l’article 21 sur les travaux économiseurs d’énergie que le preneur doit souffrir, de l’article 50 sur le bail à rénovation visant les travaux « qui incombent au bailleur », et de l’article 58 sur la révision de loyer pour travaux réalisés aux frais du bailleur ayant augmenté la valeur locative d’au moins dix pour cent. Le décret ne contient aucune disposition relative aux équipements amovibles installés par le preneur pour son propre compte : ce constat d’absence est le nôtre, établi par lecture intégrale du texte. Consulté le 16 septembre 2026.
  • SPW Énergie — Communautés d’énergie et partage d’énergie au sein d’un même bâtiment — source de l’ouverture explicite du partage « y compris [aux] locataires et [aux] ménages précarisés qui n’ont pas la possibilité d’investir seuls », et de la condition d’équipement : « chaque participant doit être équipé d’un compteur double flux télé-relevé quart horaire ou d’un compteur communicant ». Consulté le 16 septembre 2026.
  • CWaPE — Communautés d’énergie — décompte des communautés d’énergie notifiées relevé le 16 septembre 2026 : treize notifications, dont cinq assorties d’un partage autorisé, la dernière datée du 23 juillet 2026. Ce décompte est cohérent avec ceux publiés dans nos articles du 3 et du 10 septembre 2026. Consulté le 16 septembre 2026.
  • CWaPE — Conditions pour participer à un partage d’énergie — conditions applicables aux consommateurs wallons : compteur électronique communicant ou AMR, renonciation au bénéfice de la compensation, et renonciation au tarif social sur la part d’électricité partagée pour les clients résidentiels. Consulté le 16 septembre 2026.
  • BeProsumer — FAQ : kits solaires Plug & Play, que faut-il savoir ? — position critique de l’association de défense des prosumers : dénonciation d’une « discrimination technique et réglementaire » entre installations traditionnelles soumises au tarif prosumer et kits qui ne le sont pas, absence de recul sur les conséquences administratives, recommandation de ne pas déclarer en fin de saison de production, et consignes de prudence sur la multiprise et la vérification de l’homologation C10/26. Association de défense des intérêts des prosumers, et non régulateur : ses positions sont citées comme telles. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Énergie Commune / Interreg Europe — Modèle économique du partage d’énergie — cas documenté chiffrant l’économie d’un consommateur recevant 500 kWh partagés par an à environ 145 € au tarif standard, contre environ 70 € pour un ménage déjà au tarif social. Repris tel quel de nos articles précédents pour que les montants restent comparables d’un article à l’autre. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Arrêté du Gouvernement wallon du 17 mars 2023 relatif aux communautés d’énergie et au partage d’énergie — source des délais de l’article 7 : dix jours ouvrables pour l’accusé de complétude, vingt pour la vérification des conditions, dix pour le renvoi de la convention signée, démarrage au vingtième jour ouvrable suivant, information des fournisseurs quinze jours ouvrables avant le début, et caducité de la notification à six mois. Consulté le 16 septembre 2026.
  • ORES — Votre compteur communicant — calendrier de déploiement des compteurs communicants en Wallonie jusqu’à la fin 2029, gratuité de la pose et possibilité d’en demander le placement sans attendre son tour. Consulté le 16 septembre 2026.
  • CREG — Tableau de bord des prix de l’énergie — source du prix de détail tout compris de 36,94 c€/kWh TVAC retenu dans l’ensemble de nos articles depuis le relevé de juin 2026. Consulté le 16 septembre 2026.
  • Test-Achats — Comment trouver le meilleur tarif d’injection pour votre surplus d’électricité d’origine solaire ? — relevé du 28 mai 2026 : de 0,94 à 4,90 c€/kWh en Flandre et en Wallonie. Source de la valeur d’injection de 3,5 c€/kWh utilisée dans tous nos calculs. Consulté le 16 septembre 2026.