Tarif Impact et communauté d'énergie

Le tarif Impact facture le réseau de distribution cinq fois moins cher entre 11 h et 17 h qu’entre 17 h et 22 h. Pour une communauté d’énergie, la coïncidence est utile : la plage la moins chère du réseau est aussi celle où les panneaux produisent, donc celle où il y a des kilowattheures à partager. Tarif Impact et communauté d’énergie tirent dans le même sens.

Ce guide fait le calcul plage par plage. Que paie un membre pour un kilowattheure partagé ? Quelle part de l’écart vient du partage, quelle part du tarif incitatif wallon ? Et qu’est-ce que cela change pour le gestionnaire qui fixe la clé de répartition et le prix de cession interne ?

La grille complète, le bihoraire 2026 et le piège de la plage 22 h – 1 h sont détaillés dans « Réduire sa facture d’électricité : Wallonie 2026 », et la règle du quart d’heure dans « Électricité en circuit court : le mode d’emploi ». Nous n’y revenons pas.

Frise de 24 heures montrant les trois plages du tarif Impact, identiques tous les jours de la semaine : ECO de 1 h à 7 h et de 11 h à 17 h, MEDIUM de 7 h à 11 h et de 22 h à 1 h, PIC de 17 h à 22 h, avec les tarifs de distribution ORES 2026 de 2,71, 8,13 et 13,54 centimes par kilowattheure hors TVA. Au-dessus de la frise, deux courbes horaires calculées sur l'année 2023 pour une toiture solaire de Namur : la production photovoltaïque, dont 70 pour cent tombe en plage ECO, 20 pour cent en MEDIUM et 10 pour cent en PIC, et l'électricité partagée entre douze ménages, dont 59 pour cent tombe en ECO, 24 pour cent en MEDIUM et 17 pour cent en PIC.

Le périmètre est la Wallonie, où le tarif Impact existe depuis le 1er janvier 2026, avec les grilles 2026 approuvées par la CWaPE. Bruxelles et la Flandre sont abordées en fin d’article.

Les plages du tarif Impact en trente secondes

Le tarif Impact découpe la journée en cinq plages facturées à trois tarifs, du lundi au dimanche, sans variation saisonnière :

  • ECO : de 11 h à 17 h et de 1 h à 7 h ;
  • MEDIUM : de 7 h à 11 h et de 22 h à 1 h ;
  • PIC : de 17 h à 22 h.

Dans la FAQ publiée par la CWaPE en juillet 2024, ces plages s’appelaient encore « heures vertes », « heures orange » et « heures rouges ». Le principe n’a pas changé : l’orange vaut trois fois le vert, le rouge cinq fois.

Le tarif dépend de votre gestionnaire de réseau (GRD). Si vous ne savez pas lequel dessert votre adresse, notre outil « Quel est mon GRD ? » le donne à partir du code postal.

GRD Monohoraire Bihoraire creuses / pleines Impact ECO Impact MEDIUM Impact PIC
AIEG 10,87 6,66 / 12,05 4,56 9,82 15,08
AIESH 13,64 8,21 / 15,17 5,50 12,28 19,07
ORES 11,98 7,39 / 13,27 5,09 10,83 16,57
RESA 11,06 7,01 / 12,20 4,99 10,05 15,11
REW 12,48 7,84 / 13,78 5,52 11,32 17,11

Hypothèses : tarifs de distribution 2026 en c€/kWh TVA comprise (6 %), obligations de service public, surcharges régionales et soldes régulatoires inclus, d’après la synthèse CWaPE du 3 février 2026. S’y ajoute le transport, 2,74 c€/kWh pour tous les GRD et toutes les plages. Hors cotisation énergie, accise spéciale et redevance de raccordement, identiques dans toutes les configurations.

Chez ORES, le terme proportionnel de distribution vaut 2,71 c€ en ECO et 13,54 c€ en PIC hors TVA. La part fixe de la distribution, 13,30 €/an hors TVA, ne s’applique pas au tarif Impact.

Ce qui est facturé sur un kWh partagé, plage par plage

Le partage ne remplace qu’une ligne de la facture : la composante énergie. Le kilowattheure partagé est payé au prix de cession interne de la communauté au lieu du prix du fournisseur. Tout le reste demeure dû.

La CWaPE l’écrit sans détour : tous les frais de réseau, transport et distribution, sont dus sur l’électricité partagée, et « il n’existe pas de réduction tarifaire pour le partage au sein d’une communauté d’énergie ».

Le kilowattheure partagé reste un prélèvement, relevé par votre compteur et facturé par votre fournisseur selon votre configuration tarifaire. Aucun texte ne prévoit de tarif propre au volume partagé. Au tarif Impact, un kilowattheure partagé à 13 h supporte donc le tarif ECO, et à 19 h le tarif PIC. C’est une conséquence des grilles plutôt qu’une règle écrite en toutes lettres : nous la signalons comme telle.

Chez ORES, pour un membre qui consomme un kilowattheure :

Situation du kilowattheure Énergie Réseau Total
Acheté au fournisseur, monohoraire 14,22 14,72 28,94
Acheté au fournisseur, tarif Impact, plage PIC 14,22 19,32 33,54
Acheté au fournisseur, tarif Impact, plage ECO 14,22 7,83 22,05
Partagé, tarif Impact, plage ECO 6,00 7,83 13,83
Partagé dans un même bâtiment, plage ECO 6,00 5,54 11,54

Hypothèses : c€/kWh TVA comprise, ORES 2026. Énergie du fournisseur : 14,22 c€, soit 38,5 % du prix tout compris de 36,94 c€ relevé par la CREG en juin 2026. Prix de cession interne : 6 c€, l’ordre de grandeur des cas belges documentés repris dans tout notre corpus. Réseau : distribution de la synthèse CWaPE plus 2,74 c€ de transport. La ligne « même bâtiment » applique la réduction de 80 % au seul terme proportionnel de distribution ; la grille l’applique aussi au transport, non chiffré ici. Hors surcharges, identiques sur toutes les lignes.

Un kilowattheure partagé en plage ECO coûte moins de la moitié d’un kilowattheure acheté en monohoraire. Le même kilowattheure acheté en plage PIC coûte 2,4 fois plus cher.

Le cas du même bâtiment

C’est la seule configuration où le partage réduit aussi le réseau. Les grilles 2026 des cinq GRD wallons appliquent une réduction de 80 % au terme proportionnel sur l’énergie partagée au sein d’un même bâtiment. Chez ORES, en ECO, la distribution passe de 2,71 à 0,54 c€ hors TVA : combiné au tarif Impact, c’est le réseau le moins cher de Wallonie. La réduction ne vaut ni pour le prélèvement résiduel, ni pour les communautés d’énergie, même quand leurs membres habitent la même rue.

Tarif Impact rentable ? Le double effet d’un kWh partagé en heures ECO

Entre un kilowattheure acheté en monohoraire (28,94 c€) et un kilowattheure partagé en ECO (13,83 c€), l’écart est de 15,11 c€. Il vient de deux mécanismes qu’il faut séparer :

  • 8,22 c€ viennent du partage : le prix interne de 6 c€ remplace une énergie à 14,22 c€ ;
  • 6,89 c€ viennent du tarif Impact : la distribution passe de 11,98 c€ en monohoraire à 5,09 c€ en ECO.

Le premier rabais vaut à toute heure, le second seulement en plage ECO. Or le partage n’a lieu que quand le soleil produit : les deux se rencontrent au milieu de la journée.

Combien de kilowattheures tombent vraiment en ECO ?

Nous avons repris les données de la grille de quarts d’heure de notre page d’accueil : une toiture de 24 kWc à Namur, plein sud, modélisée par l’outil PVGIS de la Commission européenne avec la météo de 2023, et douze ménages de 3 500 kWh par an. Chaque quart d’heure de l’année a été classé dans sa plage Impact, à l’heure de Bruxelles.

  ECO MEDIUM PIC
Production solaire, année 69,7 % 20,0 % 10,3 %
Production solaire, avril à septembre 67,5 % 19,5 % 13,0 %
Production solaire, octobre à mars 75,5 % 21,2 % 3,2 %
Électricité partagée, année 59,2 % 23,5 % 17,3 %
Consommation des ménages, année 43,9 % 25,5 % 30,6 %

Hypothèses : production horaire PVGIS v5.3 (base SARAH-3), 14 % de pertes, inclinaison 35° ; consommation selon le profil synthétique documenté de notre page d’accueil, avec des pointes le matin et le soir, et non un profil Synergrid ; partage = minimum de la production et de la consommation dans chaque quart d’heure. Ce sont des formes, pas des montants : elles changent avec l’orientation de la toiture et les habitudes des membres.

Sept kilowattheures solaires sur dix sont produits en plage ECO. La part partagée tombe à 59 % parce que les ménages consomment surtout le soir : en été, la production de 17 h à 21 h trouve preneur, en plage PIC.

Le calcul sur notre cas de référence

Reprenons l’installation de référence de nos articles : 4 kWc, 3 800 kWh produits par an, 37,76 % autoconsommés, soit 2 365 kWh de surplus, supposés entièrement partagés à 6 c€ avec des membres de la communauté.

Configuration tarifaire des membres Distribution payée sur les 2 365 kWh Gain contre monohoraire
Monohoraire 283 € —
Bihoraire 232 € 52 €
Tarif Impact, répartition horaire de notre simulation 199 € 84 €
Tarif Impact, tout en plage ECO 120 € 163 €

Hypothèses : distribution ORES 2026 TVA comprise, transport exclu car identique sur toutes les lignes. Répartition horaire de l’électricité partagée dans notre simulation (59,2 % ECO, 23,5 % MEDIUM, 17,3 % PIC) ; la dernière ligne est un plafond théorique, atteint si tout le volume partagé est consommé entre 11 h et 17 h.

Le partage rapporte aux membres 2 365 × (14,22 − 6) c€, soit 194 € par an, quelle que soit leur configuration. Le tarif Impact y ajoute de 84 à 163 € selon la part du partage consommée en plage ECO. Le double effet est réel, mais pas automatique : il dépend de l’heure à laquelle les membres consomment.

La réponse honnête à « est-ce rentable ? »

Pour un ménage pris isolément, le tarif Impact n’est pas une bonne affaire par défaut. Sur le profil de notre simulation, 3 500 kWh par an, la distribution coûte chez ORES 419 € en monohoraire, 355 € en bihoraire et 353 € au tarif Impact. Sans rien déplacer, le tarif Impact ne bat le bihoraire que de 2 €, plus les 14,10 € TVA comprise de la part fixe qu’il ne facture pas.

La CWaPE le dit elle-même : il s’agit d’« une option qui n’est pas destinée à la majorité des consommateurs », mais à ceux qui ont des charges importantes à déplacer, comme un ballon d’eau chaude ou une voiture électrique. Un ballon de 1 800 kWh par an qui passe du monohoraire au tarif Impact en chauffant entre 11 h et 17 h économise 124 € de distribution chez ORES ; s’il chauffait déjà la nuit en heures creuses du bihoraire, le gain tombe à 41 €.

Le partage ajoute une raison de consommer à midi : l’été, ce ballon chauffe au solaire partagé à 6 c€ au lieu de l’énergie du fournisseur à 14,22 c€, en plus de payer le réseau au tarif ECO. C’est ce cumul que les deux mécanismes, pris séparément, ne montrent pas.

Ce que ça change pour la clé de répartition et le prix de cession interne

Le tarif Impact ne change aucune règle du partage. Il change ce qu’une communauté a intérêt à décider.

La clé de répartition

Une clé dynamique, proportionnelle à la consommation de chaque membre dans chaque quart d’heure, attribue davantage de kilowattheures partagés à ceux qui consomment quand la production est là. Elle récompense donc le comportement que le tarif Impact récompense aussi : le membre qui déplace son ballon ou sa recharge vers 13 h reçoit plus de solaire et le paie moins cher en réseau.

Une clé fixe, qui donne à chacun un pourcentage constant de la production, n’envoie pas ce signal. Elle peut se justifier par la simplicité ou la solidarité, mais ne tire aucun parti du tarif Impact. Les types de clés et leurs règles sont détaillés dans « Clé de répartition en Belgique : les 3 régions ».

Le prix de cession interne

Le prix interne doit rester sous le prix de l’énergie que chaque membre paierait à son fournisseur au même moment, sinon le partage lui coûte plus qu’il ne lui rapporte. C’est le plafond de la fourchette défendable décrite dans « Prix de cession interne en communauté d’énergie ».

Or certaines offres liées au tarif Impact baissent aussi l’énergie en plage ECO. Sur la carte Octa+ FLUX de septembre 2026, l’énergie coûte en moyenne estimée 12,26 c€ en ECO, contre 15,61 c€ en monohoraire et 19,87 c€ en PIC, TVA comprise. Pour un membre qui a choisi ce type d’offre, le plafond du prix interne descend au milieu de la journée, précisément quand l’essentiel du partage a lieu.

À 6 c€, la marge reste confortable : 6,26 c€ par kilowattheure au lieu de 9,61. Mais une communauté qui fixerait son prix près de 12 c€, calé sur le monohoraire, ne ferait plus rien gagner à ces membres. Calez le prix interne sur le prix de l’énergie en plage ECO des offres de vos membres, pas sur leur prix monohoraire.

Dans OptimCE, la fonctionnalité clé de répartition permet de définir une clé par quart d’heure et de simuler sa répartition avant de l’appliquer.

Tarif Impact et compteur communicant : les conditions d’accès

Les conditions sont les mêmes chez les cinq GRD wallons :

  • un raccordement de 56 kVA ou moins, ce qui couvre les ménages ;
  • un compteur électronique dont la fonction communicante est active ;
  • une demande explicite au fournisseur, et non au GRD. Sans demande, vous restez en monohoraire ou en bihoraire. Le choix est réversible.

Une quatrième condition s’ajoute en pratique : la transmission de vos données au quart d’heure, le régime de comptage R3. La CWaPE a refusé de l’imposer, entre autres pour ne pas faire dépendre le tarif d’un accord sur la transmission des données. Mais certains fournisseurs l’exigent, comme Octa+, et le 15 octobre 2026 la CWaPE a demandé à ORES de rendre compte de « la disponibilité du tarif Impact pour les clients restant en régime de comptage R1 ».

Un membre de communauté a souvent déjà le compteur exigé : la CWaPE impose à chaque participant à un partage un compteur électronique, communicant ou AMR. Avec un compteur communicant, la condition est remplie ; avec un compteur AMR, elle ne l’est pas.

Deux situations à vérifier

Vous êtes prosumer sous compensation. ORES indique que le maintien de la compensation au tarif Impact dépend de l’offre de votre fournisseur. Pour partager votre production, vous devez de toute façon y renoncer, selon la CWaPE : la question ne se pose que si vous consommez sans partager.

Vous bénéficiez du tarif social. Pour participer à un partage, un client résidentiel renonce au tarif social sur la partie partagée, comme l’expose « Quel tarif d’électricité choisir en Belgique ? ». Et la carte d’Octa+ classe le tarif social parmi les situations incompatibles avec son offre Impact. Interrogez votre fournisseur avant toute démarche.

Ce que proposent les fournisseurs

Depuis le 9 janvier 2026, le décret wallon impose à chaque fournisseur de proposer aux ménages « au moins une offre pour chaque configuration tarifaire », alignée sur ses plages. Le réseau est toujours facturé selon les trois plages ; c’est le prix de l’énergie qui varie :

Fournisseur et offre Prix de l’énergie selon les plages
Octa+ FLUX Trois prix : 12,26 (ECO), 16,69 (MEDIUM), 19,87 (PIC) c€/kWh TVAC
Bolt Trois prix, calculés sur la moyenne Belpex de chaque plage
Eneco Soleil & Vent Flex Deux prix : ECO au prix de nuit, MEDIUM et PIC au prix de jour
TotalEnergies Impact Variable Un prix unique pour les trois plages
ENGIE Activation depuis l’espace client

Hypothèses : cartes tarifaires de septembre et octobre 2026, consultées le 26 octobre 2026 ; prix Octa+ en moyenne estimée sur douze mois. Liste non exhaustive : nous ne citons que les offres dont la carte ou la page du fournisseur confirme le traitement des plages.

Une offre à prix unique garde l’avantage réseau sans récompenser le déplacement côté énergie. Une offre à trois prix le récompense davantage, mais abaisse le plafond du prix interne.

Les limites : l’hiver, la soirée, le fournisseur

L’hiver. D’octobre à mars, la toiture de notre simulation ne produit que 27 % de son volume annuel. La plage ECO reste bon marché, mais il y a peu de solaire à partager. Le double effet est d’abord un effet d’été.

La soirée. La cuisine, l’éclairage ou le chauffage d’appoint tombent souvent entre 17 h et 22 h. Au tarif Impact, ces kilowattheures paient 16,57 c€ de distribution chez ORES, contre 11,98 c€ en monohoraire, et le partage ne compense pas en hiver. Si votre consommation est concentrée le soir et que vous ne pouvez pas la déplacer, le bihoraire reste plus sûr.

L’offre du fournisseur. Le signal arrive par sa facture : un prix d’énergie unique en efface une partie, et des frais de participation au partage, que certains facturent, rognent le gain du partage.

Le pilotage. Déplacer sa consommation suppose des appareils programmables, comme un ballon avec minuterie ou routeur, ou une borne pilotable. Les options et leur coût sont comparés dans « Surplus solaire : les 5 options comparées ».

Tarif Impact : où en est le recours de la Febeg ?

Le recours vise l’obligation faite aux fournisseurs, pas le tarif de réseau.

Le texte attaqué. Le décret wallon du 19 décembre 2025 portant dispositions diverses en matière d’énergie, en vigueur depuis le 9 janvier 2026, a ajouté à l’article 34bis du décret électricité une obligation de service public : proposer aux clients résidentiels au moins une offre pour chaque configuration tarifaire, monohoraire, bihoraire et tarif Impact. C’est son article 25, 2°.

Le recours. La Febeg, Fédération belge des entreprises électriques et gazières, en demande l’annulation à la Cour constitutionnelle, sous le numéro de rôle 8718 (affaire reçue le 30 juin 2026, avis au Moniteur belge du 22 juillet 2026). Elle avance trois arguments : l’organisation des offres commerciales relèverait surtout du fédéral, le droit européen n’autorise une intervention dans la formation des prix qu’à des conditions strictes, et les fournisseurs doivent rester libres de leurs produits. Elle dit ne pas contester les objectifs wallons de flexibilité.

Pendant la procédure. La Febeg n’a demandé aucune suspension : l’obligation reste pleinement en vigueur. Au 26 octobre 2026, la liste des affaires pendantes n’indique ni date d’audience, ni date d’arrêt.

Ce que l’issue changerait. Même en cas d’annulation, les plages et les tarifs de réseau approuvés par la CWaPE resteraient applicables : ils relèvent de la méthodologie tarifaire, pas de l’article attaqué. Seule tomberait l’obligation de proposer une offre alignée. Le rabais réseau en plage ECO ne dépend donc pas du recours.

L’autre actualité : les tarifs 2027. Le 15 octobre 2026, la CWaPE a statué sur une demande de révision des revenus autorisés d’ORES pour 2026-2029 (décision CD-26i15-CWaPE-1318). Les grilles 2027 qui en découleront ne sont pas encore publiées : les montants de cet article sont ceux de 2026. La même décision impose à ORES de rendre compte des demandes et activations du tarif Impact, et des demandes de partage.

Bruxelles et la Flandre

Le tarif Impact est wallon.

À Bruxelles, le bihoraire reste organisé autour de la nuit et du week-end : pas de plage de midi bon marché. Le partage y bénéficie en revanche de tarifs de réseau de proximité qui suppriment le terme proportionnel dans un même bâtiment, comme l’explique notre guide sur le prix de cession interne.

En Flandre, il n’existe pas de tarif Impact : le tarif de réseau y repose sur le capaciteitstarief, qui facture la pointe de puissance quart-horaire. Le partage et la vente de personne à personne y sont ouverts, sans réduction du tarif de réseau.

Ce qu’il faut retenir

  1. La plage ECO, de 11 h à 17 h, couvre l’essentiel de la production solaire. Dans notre simulation, 70 % de la production et 59 % de l’électricité partagée y tombent.
  2. Un kilowattheure partagé en ECO coûte 13,83 c€ chez ORES, contre 28,94 c€ acheté en monohoraire, énergie et réseau TVA comprise : 8,22 c€ d’écart viennent du partage, 6,89 c€ du tarif Impact.
  3. Le partage ne réduit pas les frais de réseau, sauf dans un même bâtiment (−80 % sur le terme proportionnel). Le kilowattheure partagé paie le réseau de votre configuration tarifaire.
  4. Sans déplacement, le tarif Impact fait jeu égal avec le bihoraire. Il paie avec des usages déplaçables vers 11 h – 17 h et pénalise la consommation de 17 h à 22 h.
  5. Pour un gestionnaire, deux décisions changent : une clé dynamique récompense la consommation de midi, une clé fixe non ; le prix interne doit rester sous le prix de l’énergie en ECO des offres des membres.
  6. Le recours de la Febeg (rôle 8718) ne menace pas le rabais réseau. Il vise l’obligation de proposer une offre alignée, sans demande de suspension, et reste pendant.

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FAQ

Le tarif Impact est-il intéressant pour un membre d’une communauté d’énergie ?

Oui, si une bonne partie de sa consommation tombe entre 11 h et 17 h, là où le partage lui fournit des kilowattheures. Chez ORES en 2026, un kilowattheure partagé en plage ECO coûte environ 13,83 c€ en énergie et réseau, contre 28,94 c€ pour un kilowattheure acheté en monohoraire, TVA comprise et hors surcharges. L’écart de 15,11 c€ se décompose en 8,22 c€ dus au partage et 6,89 c€ dus au tarif Impact.

Contre le bihoraire, l’avantage réseau tombe à 2,30 c€, parce que la plage de 11 h à 17 h y est déjà en heures creuses depuis 2026. Et le tarif Impact pénalise la consommation de 17 h à 22 h. Sur un profil type de 3 500 kWh, sans rien déplacer, il fait jeu égal avec le bihoraire et ne rapporte que l’économie de la part fixe, environ 14 € par an chez ORES.

Les frais de réseau sont-ils réduits sur l’électricité partagée en Wallonie ?

Non, sauf au sein d’un même bâtiment. La CWaPE écrit que tous les frais de réseau sont dus sur l’électricité partagée et qu’il n’existe pas de réduction tarifaire pour le partage au sein d’une communauté d’énergie. Dans un même bâtiment, les grilles 2026 appliquent une réduction de 80 % au terme proportionnel, en distribution comme en transport.

Pour un membre de communauté, le kilowattheure partagé paie donc le tarif de réseau de sa propre configuration. À midi, chez ORES, c’est 11,98 c€ de distribution en monohoraire, 7,39 c€ en bihoraire et 5,09 c€ en tarif Impact, TVA comprise.

Faut-il un compteur communicant pour le tarif Impact ?

Oui. Le tarif Impact est réservé aux raccordements de 56 kVA ou moins équipés d’un compteur électronique dont la fonction communicante est active. Il est optionnel, se demande auprès du fournisseur et reste réversible.

En pratique, il suppose aujourd’hui une transmission des données au quart d’heure, le régime R3 : certains fournisseurs l’écrivent dans leurs conditions, et la CWaPE a demandé le 15 octobre 2026 à ORES de rendre compte de sa disponibilité en régime R1. Un participant à une opération de partage a déjà un compteur électronique, communicant ou AMR : s’il est communicant, la première condition est remplie.

Quels fournisseurs proposent le tarif Impact ?

Depuis le 9 janvier 2026, chaque fournisseur doit proposer aux ménages au moins une offre par configuration tarifaire. Les offres diffèrent par le prix de l’énergie : Octa+ et Bolt appliquent trois prix, un par plage (chez Octa+ en septembre 2026, 12,26 c€ en ECO contre 19,87 c€ en PIC, TVA comprise) ; TotalEnergies applique un prix unique ; Eneco facture l’ECO au prix de nuit et le reste au prix de jour ; ENGIE permet d’activer le tarif depuis l’espace client.

Dans tous les cas, le réseau est facturé selon les trois plages. Comparez la carte tarifaire en vigueur avant de demander le changement.

Où en est le recours contre le tarif Impact ?

Le recours ne vise pas le tarif lui-même, mais l’obligation faite aux fournisseurs de proposer une offre alignée sur chaque configuration tarifaire. La Febeg a introduit le 30 juin 2026 un recours en annulation de l’article 25, 2° du décret wallon du 19 décembre 2025 devant la Cour constitutionnelle, sous le numéro de rôle 8718.

Elle n’a demandé aucune suspension : l’obligation reste en vigueur. Au 26 octobre 2026, aucune date d’audience ni d’arrêt n’est fixée. Même en cas d’annulation, les plages et les tarifs de réseau approuvés par la CWaPE resteraient applicables.

Sources